mai 12
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Sarkozy et la presse : Supergravos

Bon, je ne voulais pas en rajouter une louche sur les déclarations hallucinantes de Nicolas Sarkozy, notre presque-Président, à propos de la presse qui roule pour la gauche. Genestar viré, le CSA verrouillé, le yatch à Bolloré (et oui, je fais des rimes), l’Obs… en procès et dernièrement Jacques Espérandieu* débarqué… ce long palmarès n’est pas à mettre au crédit d’un quelconque socialo-communiste.

* Espérandieu était directeur de la rédaction du JDD, le même qui avait failli révéler que Cécilia n’avait pas voté le 6 mai… et puis non… suite coup de fil d’Arnaud Lagardère, il s’était ravisé.

Et puis… hier… Christine Albanel remet ça. Bon, à ce stade, la plupart d’entre vous sont probablement en train de se dire : “Mais qui est Christine Albanel ?”. Je l’ai moi même très longtemps confondu avec Chantal Goya.

Christine Albanel

Christine Albanel est, jusqu’à nouvelle information, toujours ministre de la culture (je sais… c’est très étonnant). Sa dernière idée en date : Obliger l’AFP à reprendre tous les communiqués de presse en provenance des partis politiques et des syndicats.

On se souvient que la semaine dernière Sarkozy avait pété les plombs de ne pas voir sur le fil AFP le communiqué de presse ordurier de l’UMP sur les ennuis judiciaires de Ségolène Royal. Zélée, Albanel s’exécute. Et tant pis si cette déclaration n’a aucun sens à l’heure du web 2.0 et des flux RSS (voir l’avis de Nicolas). Alors non… l’AFP n’est pas une agence de communication à la disposition de l’UMP. Et quand bien même l’AFP reprendrait tous les communiqués de l’UMP, pas certain que tous les journaux les jugent suffisamment intéressants pour en faire leurs gros titres.

Ca serait quoi l’étape suivante ? Obliger tous les médias à consacrer un tiers de leur couverture à l’UMP ? Obliger, dans un fonctionnement d’inspiration tunisienne, tous les JT à consacrer 30 minutes quotidiennes à la glorification du Président ? (je crois que certaines chaines le font déjà toutes seules)

Ce nouveau coup de canif à la liberté de la presse tombe super mal. C’est Jean-François Copé qui va avoir beaucoup de mal à expliquer aux journalistes de France Télévision que… non non, il n’y a aucune intention maligne derrière le projet de réorganisation de l’information dans l’audiovisuel public.

Publié par Philippe à 13:51
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mai 12
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Démocratie participative : ce qui a changé depuis la présidentielle

“la démocratie participative, pour être authentique et réellement féconde doit se nourrir d’une mise en débat des projets et non de simples questions”

Il aura suffit de quelques mots, lachés en bas de page, dans le texte préfigurant la candidature de Bertrand Delanoë au poste de premier secrétaire du PS pour relancer le débat sur la démocratie participative. Quelques mots qui sont en fait une attaque directe à l’encontre de la démarche lancée par Ségolène Royal (qui est, je le rappelle, articulée autour de dix questions). Quelques mots assez mal placés quant on voit le flou artistique dans lequel baigne, pour l’instant, la contribution Delanoë.

débat participatif

Autant le dire maintenant, et au risque de froisser certains de mes amis de désirs d’avenir et du pacte rénovateur, je ne fais pas partie des utopistes de la démocratie participative. Je ne crois pas en un monde bisounours dans lequel tout le monde pourrait donner son avis sur tout. D’abord… tout le monde n’a pas envie de donner son avis (je suis d’ailleurs le premier à revendiquer mon droit à ne pas avoir d’avis… parfois). Et puis non, tous les avis ne se valent pas toujours.

Si je crois en la démocratie participative, c’est plus par pragmatisme : les temps ont changé, les gens ont besoin d’être associés aux décisions qui le concernent… sinon ils les rejettent. L’échec du Traité qui devait établir une Constitution pour l’Europe traduit bien cette évolution. Le texte était imbuvable, difficilement compréhensible car trop technique, élaboré par un petit groupe d’experts persuadés d’être dans le vrai. Les gens ont eu l’impression d’être placés devant le fait accompli, d’avoir à choisir entre oui… et merde. Ils ont choisi merde.

La démocratie participative n’est probablement pas la façon la plus simple de décider : c’est long, c’est fastidieux, c’est parfois ennuyeux, ça nécessite de traiter énormément de données… C’est néanmoins un bon moyen d’aboutir à des décisions pertinentes, acceptables et réalisables. Les gens qui ont raillé la démarche en insinuant qu’elle reposait sur une forme de clientélisme institutionnalisé n’ont juste rien compris… ou font semblant de ne rien comprendre histoire de continuer à décider en petit comité et de continuer faire de la politique “à la papa”.

Pour participer modestement (et oui… le temps est pour moi une denrée très précieuse), mais je l’espère utilement et sereinement à l’opération lancée par Ségolène et ses proches, je crois néanmoins pouvoir déceler quelques changements opérés depuis la campagne participative des présidentielle. Plutôt bon signe, il faut toujours apprendre de ses échecs.

Maintenant, on traite les données

6 millions de contributions recueillies pendant la présidentielle, ça fait un sacré paquet de données à traiter. Un problème d’autant plus embêtant qu’aucun processus d’analyse vraiment élaborée n’avait été pensée en amont. Résultat des courses : le livre “désirs d’avenir” qui devait voir le jour n’a jamais été terminé, les données ont été rassemblées à-la-va-vite dans un document de plusieurs centaines de pages intitulé “Les cahiers de l’espérance”. Pour établir ce “best-of”, les contributions ont été notées avec un système d’étoiles en fonction de leur représentativité et/ou de leur intérêt. Au final, il résulte de ce processus un document difficile à analyser qui, même s’il contient énormément de clés pour comprendre l’évolution de la France (a posteriori, il est par exemple très intéressant de voir ce qui ressortait sur la thématique du pouvoir d’achat), demeure difficile à digérer.

Problème réglé, en partie, pour le congrès. D’abord… il y a moins de contributions, ce qui a le mérite de faciliter le travail. Ensuite, une vraie réflexion a été menée pour ne pas se limiter à une opération de réduction des données mais pour en faire une réelle analyse. Pour chaque question, des synthèses sont réalisées - alors que les débats ne sont pas terminés - par une équipe de militants selon une méthodologie assez cadrée. Elles constitueront un document de travail précieux pour élaborer la contribution Royal. Coté restitution, des documents plus concis seront également mis en ligne : ils essaieront de traduire l’essentiel des débats dans une forme rapidement lisible par tous.

Alors on pourra toujours me dire que le traitement de ces données est toujours un peu subjectif. C’est juste… et c’est toujours le cas lorsqu’on a affaire de données non chiffrées. L’idée est donc de croiser les regards, de faire en sorte que plusieurs personnes participent à l’analyse, en bref, de trianguler et de confronter les points de vue.

Une approche plus interprétative

L’autre grosse évolution, selon moi, c’est l’abandon de l’idée selon laquelle la vérité émergerait naturellement des contributions. Cette conception traduisait une certaine forme de naïveté : quiconque a déjà été confronté à des données qualitatives sait que la vérité n’apparait jamais naturellement. Que les données doivent toujours être interprétées. Qu’il est difficile d’envisager le processus de “récolte” des contributions comme quelque chose de totalement neutre amenant les participants à livrer ce qu’ils ont dans la tête.

Il me semble qu’aujourd’hui, l’idée n’est plus tant de se servir de la démocratie participative pour accéder à cette forme de vérité, mais d’y voir un espace de confrontation des points de vue, de réflexion collective. L’évolution de la formulation des questions traduit ce changement d’état d’esprit. De questions très générales et “non biaisées” (ex : que pensez-vous de l’école ?) on est passé à des questions traduisant certaines prises de position et visant à provoquer le débat. La remarque un peu condescendante sur les “simples questions” formulée par bebert et ses amis est donc, pour le coup, totalement à coté de la plaque.

Ce changement d’orientation amène parfois à certaines incompréhensions. J’ai participé la semaine dernière à une réunion organisée autour de la démarche “congrès utile et serein” dans le 14ème arrondissement. Une des participantes, Nicole, m’expliquait avoir beaucoup de mal avec cette nouvelle approche. Elle reprochait notamment aux questions posées d’être ambigües et biaisées (bon… je reformule les critiques à ma sauce). C’est vrai que lorsqu’on pose une question sous la forme “Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?”, on a en tête un modèle inspiré de la flexisécurité à la scandinave. En outre, les termes “agilité” ou “esprit d’entreprendre” peuvent revêtir des significations très différentes selon les personnes.

Tant mieux : les ambigüités permettent souvent de se poser des questions auxquelles on n’avait pas pensé avant. Les questions sont posées de façon à établir des interactions entre les participants… mais aussi entre chaque participant et l’équipe qui a formulé les questions (chacun pouvant interpréter les questions et se les approprier).

Pour résumer avec des mots compliqués : D’une démarche positiviste et inductive, on est passé à une démarche interprétative et abductive. Je ne sais pas vous, mais moi… ça me branche plutôt beaucoup.

Publié par Philippe à 9:30
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mai 10
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Aujourd’hui, Philippe Goujon va à la piscine

Oyé oyé habitantes et habitants du 15ème. C’est avec une émotion non contenue que je vous livre cette information qui, n’en doutons pas, fera prochainement la une de tous les journaux. Cette semaine, sa majesté Philippe Goujon, député-maire du 15ème (que son nom soit glorifié sur 10 générations) est allé à la piscine. Truc de ouf, les journalistes d’investigation de la mairie du 15ème ont réussi à obtenir des images “volées” que les papparazzi de Voici ne renieraient pas.

Oh… je vous vois venir, vous attendez avec impatience de voir le père Goujon sauter du haut du plongeoir et faire la bombe…. vous espérez vous moquer de son maillot de bain vert fluo (surtout vous Catherine… et oui, maintenant j’interpelle directement mes lectrices les plus fidèles). Et bien non.

Quand Philippe Goujon va à la piscine, il y va… en costume avec plein de gens habillés comme lui. Il montre des trucs situés en hauteur, essaie les tourniquets, s’amuse avec les équipements handicapés, il se félicite “de ces aménagements qui participent au mieux vivre de notre arrondissement” et surtout, il est accompagné d’une voix un peu gnan-gnante qui à la longue est un peu agaçante. Vite vite… les images !

Bon, on va quand même remercier la mairie de Paris qui a financé et organisé les travaux (mais ça, Philippe Goujon a oublié de le faire).

Publié par Philippe à 13:18
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mai 07
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Revue de blogs : Delanoë pas très clair, pas très courageux, pas très créatif

Bon, quelques heures d’existence et le nouveau site lancé par Bertrand-et-ses-amis suscite déjà pas mal de réactions.

Beaucoup de vannes. Luc Mandret se moque par exemple du titre : “Trop fort, ce Bertrand ! Ségo lance sa consultation auprès des militants socialistes avec deux adjectifs, utile et serein. Bébère doit trouver mieux : ce seront trois substantifs ! Delanoë, c’est plus que Royal !” Luc raille aussi le design old-fahion et le melon de l’initiateur du texte : “Et toujours les chevilles de Bertrand Delanoë ne désenflent pas : “nous sommes à un tournant de même ampleur qu’au moment du congrès fondateur d’Epinay en juin 1971″. Traduisez : moi, Bertrand Delanoë, je veux en 2008 être le François Mitterrand de 1971 qui avait pris le Parti Socialiste.”

Bertrand Delanoë

Dagrouik se concentre, quant à lui, sur la forme et constate que quand on tape “clarté courage créativité” dans Google… les résultats sont plutôt rigolos. Chez mon pote Julien Tolédano, l’ambiance est au coup de gueule. Julien s’enerve contre la déclinologie dont est imprégnée le texte (la Fraaannnnnce va maaaaal) et sur le regret, exprimé à plusieurs reprises, de voir la droite si dure et incohérente : “Ah ! Si seulement la droite pouvait être un peu plus cohérente et un peu moins dure avec les pauvres,  on n’aurait plus besoin de s’opposer !” Mais ce qui fait véritablement s’étrangler Julien, c’est le couplet sur la “radicalité de gauche mécaniquement revendiquée” qui serait incompatible avec l’exercice des responsabilités : “autrement dit, le principe est de dire, dans la plus pure acception jospinienne, que “l’extrême-gauche, voilà l’ennemi !”. Et la droite, Bertrand, Elisabeth ou Lionel la connaîssent-ils ? Y-a-t’il même une droite pour eux ?”

De leur coté, Omelette16oeufs et Marc Vasseur sont assez dubitatifs sur les consultations 2.0. Reste Maxime Pisano qui trouve que la démarche “a le mérite de poser déjà des jalons, de donner une orientation” et qui attend la suite.

Publié par Philippe à 14:57
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mai 07
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Delanoë veut un “grand congrès” socialiste

Cette fois, c’est vraiment parti. Un mois après le lancement de l’initiative “Congrès utile et serein” (Royal, Rebsamen, Peillon, Bianco…), Bertrand Delanoë souhaite un “grand congrès” socialiste et met en ligne son site : “Clarté, courage, créativité”. Il n’aura échappé à personne que ma cam’ (ouais ouais, je parle comme Carla), c’est plutôt la première initiative que la seconde. Je préviens donc tout de suite : mon commentaire d’aujourd’hui risque de ne pas être très équilibré. Il risque en outre de concerner, surtout, les sujets qui m’intéressent le plus. Je n’ai donc pas la prétention d’être objectif et exhaustif.

Première remarque, de forme, le site n’est ni très clair (typo gris clair sur fond blanc), ni très courageux (uniquement du texte, à part un système de commentaires, pas vraiment d’interaction possible avec les militants qui souhaiteraient participer), ni très créatif (un bandeau rouge, du texte… mouais).

clarté courage créativité

Sur le fond, un texte de 11 pages pose les bases de ce qui sera la motion portée par Delanoë au prochain congrès. A sa lecture, voici mes premières impressions.

L’introduction est probablement la partie la plus réussie du texte : ce congrès est très important. Il ne doit pas simplement être une transition mais permettre de construire un vrai projet pour le parti socialiste. L’objet n’est pas de se regarder le nombril… mais d’être utile à la France et aux français. Raison suffisante pour sortir des discours tout faits et des postures incantatoires auxquelles personne ne croit vraiment mais qu’on se plait à reproduire. Raison suffisante, aussi, pour placer la question des idées avant celle des personnes. Voilà au moins, dans les intentions affichées, une convergence notable avec l’initiative que je soutiens.

Sauf que dès le début, le texte se définit en opposition à la droite, et seulement en opposition à la droite. Sarkozy est très impopulaire, d’accord. Il n’a d’ailleurs pas eu vraiment besoin d’opposition solide pour l’être : sa pratique de la politique, son style de gouvernance, ses réformes injustes et inefficaces, ses promesses non tenues ont suffit. Si on veut que le PS soit un parti capable d’incarner un vrai projet… et pas seulement une alternative quand la droite est particulièrement nulle, il va falloir se creuser. Pour le coup, c’est pas gagné.

Un manque de vision transversale

Le texte a beau expliquer qu’il faut un vrai projet, et pas seulement une succession de thèmes (économie, solidarité, retraites, etc.), il retombe dans le schéma standard et donne au lecteur un désagréable sentiment de déjà vu. Derrière des titres écrits à l’infinitif (ex : refonder le pacte social), on retrouve finalement un découpage ultra-classique.

Saucissonné, le document souffre d’un manque criant de vision transversale. La partie intitulée “L’économie de la connaissance et le développement durable” est, à ce titre, extrêmement représentative de l’ensemble du texte. Là où Royal, dans son pacte présidentiel, cherchait à donner de la cohérence en liant, par exemple, les thèmes de l’innovation, de l’excellence environnementale et de la justice sociale, Delanoë sub-divise. Ce manque de vision d’ensemble est gênant car il conduit à retomber dans l’écueil habituel qui consiste à devoir arbitrer entre économie, écologie et justice sociale.

Des raccourcis qui nuisent à la crédibilité du texte

Le document pèche aussi par les nombreux raccourcis qu’il propose. Ce problème est particulièrement saillant sur la question de l’économie et du rapport au marché (voir mon post précédent). Les key-words trendy (compétitivité, innovation, bla bla bla), masquent en fait un manque de réflexion, sur le fond, et le retour à des vieilles idées un peu poussiéreuses.

On retrouve, par exemple, le mythe de “la grande entreprise méchante” : “C’est par les petites et moyennes entreprises, plus que par celles du CAC 40, que la France retrouvera le dynamisme de sa croissance”. Comme si la taille de l’entreprise était un indicateur de sa moralité, ou de son caractère “social”. Comme si opposer les grosses et les petites avait un sens. Cette vision manichéenne est finalement peu ambitieuse : au lieu de se demander comment responsabiliser le marché par un système d’incitations et de règles, on se contente de décerner les bons et les mauvais points.

Pour le reste, des généralités : la croissance… très important la croissance. L’innovation, très important l’innovation. Les PME, très important les PME. Derrière ces généralités, pas vraiment de propositions concrètes.

En fait si… juste une. Le texte insiste sur l’Université et explique que notre pays “manque d’une politique ambitieuse dans tous les domaines de la vie universitaire”. C’est juste… sauf que réduire la question de l’innovation à la question de la recherche, c’est oublier qu’il y a beaucoup d’autres formes d’innovations que les avancées scientifiques. Une nouvelle organisation, un nouveau modèle d’entreprise… ce sont aussi des innovations qui contribuent à la richesse créée par le pays.

Et puis, réduire la question de la recherche à celle de l’université française, c’est oublier que la recherche ne se fait pas qu’à l’université, qu’elle est souvent drivée par une politique industrielle, qu’il faut encourager les interactions entre public et privé, etc.

Je veux bien admettre que cette critique est un peu facile : 11 pages, c’est probablement trop peu pour proposer une pensée structurée et complexe. N’empêche qu’en allant de raccourci en raccourci, le texte perd en profondeur et tombe dans un simplisme inquiétant qui, faute de message fort, ne permet pas d’aller à l’essentiel. La question des moyens n’est, en outre, jamais abordée. Pas très crédible.

Une synthèse qui ne fâche personne

En se bornant à des généralités, le texte parvient à éviter les sujets qui fâchent. La formation professionnelle tout au long de la vie… tout le monde est d’accord sur le principe. Concernant les modalités, c’est une autre histoire. Là où Royal cherche à approfondir (c’est le sens des dix questions), Delanoë évacue les problèmes.

Il en résulte un texte un peu insaisissable, sans grosses aspérités mais sans idées forces. Tout en expliquant vouloir “rassembler sur des choix clairs et non sur de fausses synthèses”, le document propose en fait une synthèse qui ne fâchera personne mais qui ne servira, je le crains, pas à grand chose.

Un texte un peu nombriliste

Là partie la plus dense du texte se trouve à la fin du document. Il s’agit de la partie consacrée au fonctionnement du PS qui truste près du tiers du document. Et oui, au PS, on aime beaucoup parler… du PS.

Au delà du diagnostic (difficulté à respecter les décisions, à trancher les questions du leadership des des alliances), rien n’est proposé sur le fonctionnement du PS, de ses fédérations et de ses sections, sur la façon de prendre les décisions, sur le choix d’un parti d’élus ou d’un parti de masse, sur les règles de non cumul des mandats et des responsabilités, sur les frontières de nos alliances (question subalterne selon les auteurs du texte… mais qui occupe quand même près d’une page entière tout en réussissant l’exploit de laisser planer l’ambiguïté la plus totale sur cette question).

Pour conclure, je ne suis pas certain que ce soit texte soit très abouti et parvienne à faire de ce congrès quelque chose d’utile pour le parti socialiste et ses militants, mais surtout pour les français. Neeeeeeeeeeeeeeeeeeexxxxxxxxxttttttttttt.

Publié par Philippe à 13:55
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mai 06
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Stèle en mémoire des enfants juifs déportés non scolarisés

Pour faire suite à mon intervention au conseil d’arrondissement du 14 avril dernier, je participais hier à la commission chargée de décider de l’emplacement de la stèle qui sera installée en mémoire des enfants juifs du 15ème déportés et non scolarisés.

Cette décision s’inscrit dans le prolongement de l’important travail de mémoire réalisé par l’AMEJD (Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés) dans les écoles parisiennes. La stèle sera installée dans le square Adolphe Chérioux situé à proximité de la Mairie (en photo). 16 noms devraient y être inscrits.

Square Adolphe Chérioux

Plusieurs raisons ont guidé le choix des membres de la commission : la proximité du square avec la mairie d’arrondissement (maison commune), sont caractère central, la volonté d’être cohérent avec les décisions prises dans d’autres arrondissements, le fait que sous l’occupation, les squares parisiens aient été interdits “aux chiens et aux juifs”.

Je tiens ici à remercier Jean-Manuel Hue (adjoint au maire du 15ème en charge de la mémoire), Marie Toubiana (adjointe au maire du 15ème en charge des espaces verts), les représentants des associations et de la communauté juive du 15ème pour leur implication dans ce projet.

Publié par Philippe à 15:05
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mai 05
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Ségolène Royal et le marché…

Mon camarade et ami Julien Toledano a eu la gentillesse de me citer sur son blog (ici). Comme Julien est un bloggueur influent labélisé Wikio, j’ai été plutôt flatté. Et même s’il sous-entend qu’avec John_G, un autre camarade et ami, nous sommes à la solde du social libéralisme… je suis content de pouvoir lui répondre (je vais être un peu long).

Comme Julien, je pense que la question du rapport au marché, et à l’économie, est l’élément principal qui permet de distinguer les idées portées par Ségolène Royal de celles portées par d’autres personnalités du PS. Pour Julien, ces différences peuvent se résumer à six points (mon commentaire juste après).

  • Royal n’est pas anti-capitalisme. Elle prône un rapport différent au marché qui s’appuie sur l’innovation, l’économie de l’intelligence en accordant une attention particulières aux petites entreprises et aux entrepreneurs individuels.
  • La doctrine économique de Royal est avant tout critique : elle rejette les ententes qui se font au détriment du consommateur, les surprofits des entreprises du Cac 40. Elle serait donc plus à gauche que les dsk, jospin, delanoë et consorts.
  • L’approche de Royal est transformatrice. Elle ne croit ni dans le pouvoir autorégulateur du marché, ni dans la capacité à changer l’ordre des choses des organes régulateurs supranationaux actuels.
  • Ségolène Royal ne peut pas penser l’économie sans la lier à l’écologie. Elle s’éloignerait donc d’une tradition socialiste-productiviste pour se rapprocher du discours de certains verts et de José Bové.
  • Royal préconise une réforme de l’Etat qui, à la différence de ce qui se pratique chez Sarko, ne consiste pas en la transposition bête et méchante de méthodes de management issues du privé dans la fonction publique.
  • Le rapport qu’elle entretient avec le patronat et critique et exigeant là où d’autres seraient plutôt complaisants.

Bon, quelques désaccords. D’abord, je ne pense pas qu’en évitant l’anti-capitalisme primaire, Ségolène soit très originale au PS. L’acceptation du marché, et la volonté d’en faire un instrument au service de la justice sociale figure même dans la déclaration de principes du parti. De même que le lien avec le développement durable même si, sur ce point, Royal a toujours eu un temps d’avance.

Ségolène Royal

Par ailleurs prétendre que DSK, Delanoë et consorts seraient du coté des grands patrons du CAC 40 (par opposition à Ségolène qui serait du coté des vrais gens faibles et opprimés), c’est un peu réducteur. En même temps, c’est vrai que j’ai un peu de mal à ne pas m’étrangler en voyant bebert taper la bise à son pote Arnaud Lagardère. Pas parce que Lagardère est un grand patron, mais parce que c’est aussi un ami personnel de Nicolas Sarkozy et que cette consanguinité entre élites économiques et élites politiques (de droite et de gauche) est un danger pour la démocratie.

Mon ami Julien reproduit, en outre, la pensée dominante du PS : les entreprises sont méchantes… sauf les petites. Moi, j’ai tendance à dire qu’on a aussi besoin de champions industriels. Pour ne pas donner dans l’auto flagellation socialiste, je précise ici que cet écueil est aussi très fréquent au centre (Bayrou a eu souvent tendance à réduire son programme économique au Small Business Act et à la question de la dette) ainsi qu’à droite et à l’extrême droite ou le discours poujado-demago sur les petits patrons qui croulent sous les charges constitue la ficelle principale utilisée par les candidats lorsqu’ils parlent d’entreprise.

Enfin, et c’est un peu plus embêtant… mon ami Julien, lorsqu’il évoque les horribles méthodes de management sarkozistes du privé se fait une représentation tronquée de l’entreprise. Des modes de Management, il en existe plein… plus ou moins efficaces, plus ou moins difficiles à vivre pour les individus, reposant sur une vision plus ou moins verticale de l’organisation. S’il existait une one best way, ça se saurait (et comme prof de gestion, je serais bien embêté).

Demeure la question de départ : En économie, qu’est-ce qui différencie Royal des autres personnalités socialistes ?

Pour moi, deux choses, qui renvoient d’une part au rôle du marché, d’autre part à la façon d’appréhender les faits économiques (oui, je ne parlerai que du paradigme, pas du programme économique).

Construire avec le marché, plutôt que contre le marché ou à coté du marché

D’abord, Royal s’éloigne de la tradition socialiste qui considère le marché comme toujours “méchant”. Cette conception avait pour conséquence d’établir un clivage au sein du PS : d’un coté ceux qui étaient contre le marché (la minorité gaucho du PS), de l’autre ceux qui pensaient qu’il fallait établir une ligne de démarcation imperméable entre le marché et… le reste (la majorité du PS).

Ségolène Royal se montre plus pragmatique. Charge à l’Etat et aux pouvoirs publiques (en particulier aux Régions) de créer un contexte qui permette de réconcilier les intérêts privés et ceux de la collectivité. Pour y parvenir, les pouvoirs publiques doivent créer le cadre institutionnel ad hoc et assumer pleinement leur rôle de partie prenante. C’était le sens du “donnant-donnant” prôné par Royal pendant la campagne présidentielle.

Mine de rien, cette conception gagne du terrain au PS (et c’est tant mieux). Je me souviens d’une interview d’Anne Hidalgo dans l’hebdo des socialistes dont le titre était “Civiliser le marché”. Ca rappelait beaucoup “l’ordre social et économique plus juste” de Royal [bouh bouh bouh, Anne elle a copié sur Ségolène].

Je me souviens aussi avoir déchanté en lisant, dans le détail, les propos de ma copine Anne : toujours l’impression de retomber sur la vieille idée de la démarcation imperméable.

Une autre façon d’appréhender l’économie

Royal innove aussi dans sa façon d’appréhender l’économie. Si je devais résumer la situation du PS, ça donnerait trois grandes tendances.

- Les défenseurs d’une ligne “l’économie j’y comprend rien”. Ceux-là ont séché tous leurs cours d’éco quand ils étaient étudiants et sortent des inepties qui font rigoler tout le monde (c’est un peu l’école Mélenchon). Il n’aura échappé à personne que cette ligne nuit un peu à la crédibilité du PS comme parti de gouvernement.

- Les défenseurs de la ligne “l’économie j’ai tout compris”. Eux ont digéré leur manuel d’éco et font des remixes plus ou moins bien formulés et plus ou moins élaborés de théories existantes. On y trouve des marxistes qui nous enquiquinent avec leur vision bipolaire du monde, des neo-keynesiens qui nous font des grands discours compliqués plein d’équations et de concepts, et des libéraux qu’on a un peu de mal à écouter parce que dès qu’ils prennent la parole, la salle se met à hurler. Premier problème, c’est le foutoir : bon courage pour trouver une ligne directrice. Deuxième problème, en mobilisant des théories économiques éculées, on retombe toujours sur les mêmes limites : le fond de sauce marxiste nie l’individu et commence un peu à sentir la naphtaline, le fond de sauce neo-keynesien a du mal à sortir du schéma “on taxe et on dépense”, le fond de sauce libéral est totalement à coté de la plaque à cause des hypothèses de concurrence pure et parfaite sur lesquelles il repose. DSK a bien essayé d’aller chercher Giddens dans un bouquin qu’il a publié en 2002… mais il est vite revenu à des horizons plus balisés (croissance bla bla bla, chômage bla bla bla, dépense publique bla bla bla), considérant sans doute que la pensée de Giddens était trop complexe et trop innovante pour le péquin SD moyen.

- Reste la troisième tendance, les partisans du “ouhlalala, et si on parlait d’autre chose ?” Ceux-là préfèrent se replier sur des questions sociales ou sur leur gestion exemplaire des deniers publiques. A ce petit jeu, Bertrand Delanoë est devenu une superstar : “mmm très bien, parlons d’économie… moi les économies, ça me connait… d’ailleurs, la ville de Paris a obtenu le label AAA, le même que celui qu’on décerne aux meilleures andouillettes… vous dire si je suis une star en économies.”

Royal rompt avec ce marasme. Au lieu d’appréhender l’économie au travers du prisme proposé par des théories plus ou moins datées, elle aborde les questions économiques en se focalisant sur les individus et sur les entreprises. Il ne s’agit pas simplement d’un changement de vocabulaire ammenant à privilégier l’expression “vie chère” au concept de “pouvoir d’achat”. C’est un vrai changement d’attitude : la politique économique de Ségolène Royal est enracinée dans le vécu des acteurs de l’économie (individus, entreprises) et pas dans des théories qui se font une représentation erronée des agents économiques. Une approche plus empirique, probablement moins orthodoxe qui n’amène pas à mettre tous les experts au chômage (en matière économique, Royal pioche chez Thomas Piketty, Philippe Aghion ou Thomas Philippon) : il s’agit simplement de faire sortir l’économie de la seule pensée économique.

Publié par Philippe à 0:36
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mai 02
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Comment les formations en Finance créent chaque année une armée de petit Kerviels

On a beaucoup écrit sur Jérôme Kerviel. 5 milliards d’euros… évaporés… comme ça… d’un coup…

En même temps, 5 milliards d’euros, c’est trois fois moins que le paquet fiscal décidé par Nicolas Sarkozy. En même temps, 5 milliards d’euros, ça doit représenter peanuts dans le marché de l’Asset Management (j’imagine qu’un business comme ça, ça doit peser facile 1500 milliards d’euros… je dis ça mais j’ai été incapable de trouver un chiffre fiable sur le net).

Si je digresse aujourd’hui sur Jérôme Kerviel, c’est parce que mon collègue (et néanmoins ami) Henri Isaac vient de mettre en ligne une note intéressante sur son Facebook consacrée au cas Kerviel.

Kerviel est diplômé de l’université Lyon-II. Au-delà de l’individu, c’est donc sur le contenu des formations en finance qu’il convient de s’interroger.

Henri émet plusieurs constats. Le premier, c’est que la Finance est aujourd’hui la discipline reine en Gestion. Le second, c’est qu’à l’intérieur de la Finance, les enseignements de Finance d’Entreprise sont progressivement délaissés au profit de la Finance de Marché.

Jerôme Kerviel

Cette hyper-spécialisation conduit à une concurrence féroce entre les différentes formations qui veulent apparaître comme les plus pointues possibles. Une évolution qui se traduit pas un niveau de technicité grandissant et une marginalisation des aspects organisationnels, économiques, stratégiques et humains du Management. Exit l’orga, exit la strat, exit l’éco.

Cette importance donnée à la technique est d’autant plus embêtante qu’un nombre, de plus en plus important, d’ingénieurs (n’ayant pas forcément une connaissance préalable du Management très importante) se dirige aujourd’hui vers les formations en Finance pour se voir ouvrir les sacro-saintes portes de l’Asset Management.

On nous dira que Kerviel était un cas isolé, une sorte de sociopathe des salles de marché (brrr on en tremble). Pas sûr. Et si les universités et les écoles de commerces formaient, chaque année, une armée de petit Kerviels ?

Publié par Philippe à 17:42
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mai 01
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Cérémonie de la Journée Nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation dans le XVème

Je n’ai jamais été fan des commémorations avec drapeaux tricolores et Marseillaise. Non pas que je sois particulièrement anti-patriotique… juste le genre à préférer une bonne grasse mat’ à un défilé militaire le 14 juillet.

Mon état d’esprit, dimanche dernier, alors que je m’apprêtais à assister à la cérémonie de la Journée Nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation sur le parvis de la Mairie du XVème, était plus proche du “qu’est-ce que je fais là” que de l’enthousiasme débordant. Anne Hidalgo avait insisté… beaucoup insisté… pour que les élus de gauche du 15ème qui le pouvaient soient présents. J’y étais donc, avec Anne, Fatima Lalem (conseillère de Paris et adjointe de Bertrand Delanoë) et José Baghdad, Isabelle Roy et Mathieu Blin, tous trois conseillers de l’arrondissement. Coté majorité, seul Jean-Manuel Hue, l’adjoint au maire du 15ème en charge de la mémoire et des anciens combattants était présent… un peu dommage.

J’ai rapidement su ce que je faisais là. En en reparlant avec certains amis, hier soir, je crois ne pas être le seul à avoir été extrêmement ému par cette cérémonie. Comme tout le monde, j’ai été pris par cet élan républicain, renforcé par la présence d’anciens résistants et d’anciens déportés. Comme tout le monde, j’ai ressenti cette impression de partager une Histoire commune. Anne nous avait assigné la mission de déposer une gerbe, envoyée par le maire de Paris, au pied monument aux morts situé à proximité de la mairie… quelques secondes qui me sont apparues comme une immense responsabilité.

Prochaine cérémonie le 7 mai à 18h00 devant la Mairie du 15ème pour la cérémonie du 63ème anniversaire de la victoire de 1945.

Publié par Philippe à 12:08
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avr 25
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J’aurais pu faire un article sur…

J’aurais pu faire un article élogieux sur la prestation télévisée la plus attendue de l’année, je veux bien entendu parler du passage de Cindy Sanders à l’émission “La Nouvelle Star” mercredi sur M6.

J’aurais pu, aussi, faire un long commentaire de la toute aussi longue mise en scène d’hier soir sur TF1-France2. J’aurais pu railler le style complaisant des journalistes trop contents d’avoir été choisis par le prince qu’ils en seraient presque venus à oublier de poser les questions (ça tombe bien, hier soir, l’invité avait comme d’habitude tendance à faire et les questions, et les réponses). J’aurais pu m’attarder sur le manque de remise en question de celui qui a été élu le 8 mai 2007 et que j’ai encore beaucoup de mal à appeler “Président”. J’aurais pu commenter le nouveau sondage Opinionway qui explique que 49% des français ont été séduits par Sarkozy (en sachant que cet institut cette agence de communication à la solde de l’UMP a tendance à systématiquement doubler les scores de Sarko, ça ne fait vraiment pas beaucoup).

J’aurais pu aussi relayer la rumeur qui buzze dans tout Paris et qui annonce une suppression imminente du RMI (piquer de l’argent aux plus démunis, voilà un bon plan pour redonner du pouvoir d’achat aux français… en même temps, si ça peut permettre de rembourser les 15 milliards d’euros filés aux français les plus riches dans le cadre du paquet fiscal… non vraiment, assez de mauvais esprit).

J’étais d’humeur sarcastique… et puis… cette info, publiée sur le site Nouvel Obs.

Le Pen remet ça. “J’ai dit que les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale : ça me paraît tellement évident”, citation extraite d’un entretien donné par le vieux leader d’extrême droite au magazine Bretons. Une énième provocation, une de plus, qui montre que sous le marketing électoral new-look du FN, Le Pen a toujours les idées aussi nauséabondes.

Interrogé sur les camps de la mort, il en rajoute une couche et assume un révisionnisme terrifiant : “mais ça, c’est parce que vous croyez à ça. Je ne me sens pas obligé d’adhérer à cette vision-là. Je constate qu’à Auschwitz il y avait l’usine IG Farben, qu’il y avait 80 000 ouvriers qui y travaillaient. À ma connaissance, ceux-là n’ont pas été gazés en tout cas. Ni brûlés”. Je sais qu’en relayant le propos, je participe à ce petit jeu malsain dont Le Pen s’est fait le spécialiste : provoquer, faire hurler pour exister…

N’empêche que cette énième déclaration, qui vaudra probablement à son auteur de nouvelles poursuites judiciaires (tant mieux), me rappelle qu’en France, une frange de la population dont je n’arrive pas à évaluer le pourcentage considèrera toujours que l’occupation n’a pas été franchement inhumaine, qu’on en fait quand même beaucoup autour de cette histoire de Shoah et que dans notre beau pays, ces évènements ont dieu merci surtout touché les étrangers…

Ça pue. Sale journée.

Publié par Philippe à 21:11
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