fév 08
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

L’UMP propose la ségrégation dans les transports : consternation

Plus c’est gros… plus ça passe… ou pas. Ce matin, Bruno Beschizza, policier, ex syndicaliste et tête de liste UMP en Seine Saint-Denis a eu une idée pour lutter contre l’insécurité dans le RER.

Roulements de tambours… tada…  au micro de France Bleu Île-de-France, le candidat de l’UMP a proposé de  réserver aux femmes le « premier wagon de chaque train », en précisant (pour être sarkozyste jusqu’au bout) qu’on ferra en sorte qu’il soit « sur-vidéoprotégé » (l’article du Figaro ici).

Séparer les hommes et les femmes… voilà donc la chic idée de l’UMP pour lutter contre l’insécurité. Trois remarques me viennent à l’esprit.

D’abord, l’idée est assez gonflée : si l’insécurité augmente, c’est peut-être que la politique de Nicolas Sarkozy en la matière est totalement inefficace. Après le karsher, la politique du chiffre imposée aux policiers, le non renouvellement d’un fonctionnaire de police sur deux, les caméras en veux tu en voilà, les flash-balls, les tasers, les lois sur la délinquance des mineurs, les cagoules, les chiens méchants… force est de constater que la droite est nulle en matière de sécurité. Le candidat de l’UMP fait donc un bon diagnostic… qui devrait s’il était sincère l’amener à rendre sa carte à l’UMP et à rejoindre l’opposition pour préconiser la mise en place d’une police proche des gens et un renforcement des effectifs.

Ensuite, l’idée fait froid dans le dos. Je ne peux m’empêcher de penser que séparer les hommes et les femmes constitue une régression scandaleuse. Il fût un temps où aux Etats-Unis, on réservait l’avant des bus aux blancs et l’arrière des bus aux noirs… cette fois-ci, la ségrégation proposée par l’UMP n’est pas fondée sur la couleur de la peau mais sur le genre. Mon ami Romain Pigenel (candidat sur la liste menée par Anne Hidalgo en Île-de-France) fait d’ailleurs une analyse intéressante en pointant les conséquences négatives d’un tel dispositif : « On imagine bien, ensuite, l’effet d’une telle annonce sur les voyageurs de sexe masculin. En dehors des wagons « surprotégés » de l’avant du train, bienvenue au Far West ! Les ressources en sécurité n’étant pas indéfiniment extensibles, la partie du train ouverte aux hommes serait mécaniquement plus délaissée, et attraperait vite une aura de « zone de non-droit » où agressions en tous genres pourraient se dérouler avec des risques moindres pour les délinquants. » Bien vu Romain.

Enfin, et c’est peut-être le plus regrettable pour un parti qui prétend vouloir diriger la Région, la proposition est foncièrement débile. Poursuivons la logique… instaurons aussi une ségrégation entre les jeunes et les vieux, créons un wagon bunker pour les petites vieilles… un wagon avec vidéo pour les jeunes femmes… et un wagon avec un ring entouré de barbelés pour que les hommes puissent se taper dessus… ouais ouais, comme des vrais mecs ont vous a dit ! La proposition émane d’un policier… pas sûr que ça contribue à redorer l’image de cette profession trop souvent stigmatisée.

J’en viens presque à regretter la brave Chantal Jouanno qui souhaitait simplement automatiser la ligne 14 du métro parisien.

Pour info, Jean-Paul Huchon propose de renforcer la présence humaine dans les gares et dans les rames. Ça semble tellement simple qu’on se demande bien pourquoi l’UMP, Valérie Pecresse et Nicolas Sarkozy n’y ont pas pensé avant.


Publié par Philippe à 19:24
Mots-clefs :, , , , , , ,
Il y a un commentaire pour cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

fév 02
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Et le voici, le projet de Jean-Paul Huchon pour l’IDF

Je profite de la durée exceptionnellement courte du conseil d’arrondissement de ce soir (à part un sketch proprement hallucinant d’une élue UMP au sujet de Beaugrenelle, la séance a été plutôt calme) pour poster le tant attendu programme de Jean-Paul Huchon pour les élections régionales de mars en Île-de-France.

Trois piliers : les transports (avec le projet Arc Express pour développer les transports banlieue à banlieue), solidarité (ce que JP Huchon appelle le « bouclier social ») et le dynamisme économique (avec une politique ambitieuse en faveur de la formation et des entreprises).

Voilà pour les grandes lignes… pour le détail… c’est dans le journal de campagne.

Publié par Philippe à 0:07
Mots-clefs :, , , ,
Soyez le premier à réagir à cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

jan 30
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Jean-Paul Huchon dévoile son projet… lundi

En attendant, un teaser…

Publié par Philippe à 19:45
Mots-clefs :, ,
Soyez le premier à réagir à cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

jan 25
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Valérie Pecresse et le logement social… un commentaire

Il y avait quelque chose d’un peu surréaliste à voir, samedi dernier sur le plateau de Laurent Ruquier, Valérie Pecresse défendre le logement social (la vidéo ici).

Personnellement, j’aurais plutôt tendance à me réjouir de cette prise de position. J’ai plutôt l’habitude de voir les élus locaux de droite d’Île-de-France refuser d’appliquer la loi SRU (qui leur impose 20% de logements sociaux) et préférer payer une amende.

Le problème, c’est que les déclarations de Valérie Pecresse en matière de logement social me semblent d’avantage relever de l’imposture de campagne que d’un réel engagement en faveur de la mixité sociale. Les contre-vérités sont assez nombreuses… suffisamment en tous les cas pour justifier un long commentaire de ma part.

Le bilan de Jean-Paul Huchon en matière de logement social est plus que positif

A Paris, la mairie dirigée par Bertrand Delanoë a décidé de mettre le paquet sur le logement social avec 40 000 logements sociaux prévus pour cette mandature. Dans cet effort sans précédent, la Région a toujours été un partenaire efficace. Entre 2004 et 2010, elle a contribué au financement de plus de 100 logements sociaux par jour en Île-de-France.

Même si beaucoup reste à faire, je considère donc que le bilan de Jean-Paul Huchon est largement positif (n’en déplaise à Madame Pecresse). J’espère donc que Chonchon sera réélu pour qu’il puisse continuer à nous accompagner dans la politique de mixité sociale que nous mettons en œuvre à Paris. Compte tenu de la faiblesse de la participation de l’Etat, l’aide de la Région nous est plus que jamais indispensable.

Avec la droite, la Région ne construira pas un seul logement social

Le logement social ne fait pas partie des compétences de base de la Région. Dans ces conditions, l’effort financier consenti par la Région est vraiment appréciable.

Ce qui permet à la Région d’accompagner la ville de Paris dans sa politique de mixité sociale, c’est une disposition un peu technique : la clause de compétence générale. C’est par cette clause que la Région a le droit d’intervenir dans des domaines d’intérêt régional même s’ils ne s’inscrivent pas dans ses prérogatives principales (les Lycées, les transports, etc.)

La réforme des collectivités locales défendue par l’UMP et par Madame Pecresse prévoit supprimer cette disposition. Si ce projet est adopté, la Région sera donc dans l’illégalité lorsqu’elle financera du logement social.

Pour Valérie Pecresse, soutenir la réforme des collectivités locales et promettre de faire du logement social relève donc du super-foutage-de-gueule.

La droite n’aime pas la mixité sociale

Il y a une formule qui m’a fait particulièrement tiquer dans le programme de l’UMP. Il s’agit de celle où madame Pecresse explique défendre la « vraie » mixité sociale. J’avoue n’avoir pas tout de suite vu de quoi il s’agissait (comme si la gauche défendait la « fausse » mixité sociale). J’ai n’ai compris la signification de cette expression qu’en regardant Madame Pecresse sur France 2 lorsqu’elle a expliqué vouloir faire du logement intermédiaire pour les classes moyennes.

Le terme « logement intermédiaire » désigne en réalité un type de logement réservé aux catégories socio-professionnelles favorisées (le PLI). Pour un célibataire à Paris, le plafond PLI est fixé à un peu plus de 3200 euros nets mensuels. A toutes fins utiles, je précise que 80% des salariés français gagnent moins de 2300 euros nets.

La clientèle visée par Valérie Pecresse concerne donc les revenus relativement hauts. Quand on est célibataire et qu’on gagne 3200 euros nets par mois, on peut largement se loger dans le privé en louant un deux pièces ou en faisant l’acquisition d’un bien immobilier.

On ne peut pas produire du logement social uniquement en faisant des constructions neuves

La dernière arnaque de Valérie Pecresse en matière de logement social concerne le mode de production retenu. A Paris, environ un tiers des logements sociaux qui sont financés par la Région et par la ville sont des constructions neuves. Les terrains libres étant rarissimes, la majorité des logements sociaux sont produits par acquisition-conventionnement (la ville rachète des immeubles souvent vendus à la découpe ce qui permet aux locataires de rester dans les lieux) ou par réhabilitation lourde (on retape des immeubles insalubres ou des chambres de bonnes pour en faire des logements habitables).

Madame Pecresse souhaiterait nous faire croire qu’il y aurait un bon moyen de faire du logement social (la construction) et deux mauvais moyens (l’acquisition et les réhabilitations). Ces dispositifs sont en réalité complémentaires.

D’abord parce que, comme je l’ai dit, on ne pourrait pas produire beaucoup de logements sociaux si on devait se limiter aux constructions nouvelles (vu qu’il y a peu de terrains libres à Paris). Privilégier exclusivement les constructions neuves, ça voudrait dire réserver Paris aux plus privilégiés en reléguant les logements sociaux en banlieue lointaine (là où il y a des terrains disponibles). Les acquisitions et les réhabilitations sont donc un vrai instrument au service de la mixité sociale.

Ensuite parce que les acquisitions et les réhabilitations permettent globalement d’améliorer la qualité des logements et leur isolation. Gagnant sur toute la ligne : meilleure sera l’isolation, moins les habitants auront à payer en chauffage l’hiver, et moins on rejettera de CO2.

Publié par Philippe à 23:31
Mots-clefs :, , , ,
Il y a un commentaire pour cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

jan 21
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Rions un peu avec Chantal Jouanno

Un peu de pédagogie pour commencer : les régionales qui ont lieu dans 8 semaines (eh oh, huit semaines… demain quoi) sont un scrutin compliqué. Dans chaque département d’Île-de-France, les électeurs voteront pour une liste départementale… qui soutiendra un candidat à la présidence de la Région (un petit peu comme quand on vote pour une liste dans chaque arrondissement de Paris aux Municipales). Pour le PS, les radicaux, le MRC et le Mouvement Unitaire, liste commune dès le premier tour : Jean-Paul Huchon est le candidat à la présidence de la Région, Anne Hidalgo sera la tête de liste parisienne. Coté UMP : Valérie Pecresse est la candidate pour l’IDF, Chantal Jouanno la tête de liste parisienne (deux ministres donc).

J’ai déjà parlé à plusieurs reprises de Valérie Pecresse… tenant des propos incohérents dans un meeting de l’UMP, s’endormant en pleine séance du conseil régional. Intéressons nous aujourd’hui à Chantal Jouanno. Ça tombe bien, la tête de liste UMP à Paris propose, dans une interview publiée ce matin par 20 minutes, « des solutions radicalement nouvelles ». A la question « Que promettez vous pour les transports ? », Jouanno répond qu’il faut automatiser les lignes 14 et 1.

Caramba, la ligne 14 est automatique depuis sa création et concernant la ligne 1, les travaux sont déjà en cours. « Des solutions radicalement nouvelles » on vous a dit :)

Publié par Philippe à 14:39
Mots-clefs :, , , , , , , ,
Soyez le premier à réagir à cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

jan 16
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Vincent Peillon a eu 100 fois raison

Sacré buzz médiatique que cette affaire entre Arlette Chabot et Vincent Peillon. Invité à jouer les vedettes américaines après le match annoncé entre « Freddy les griffes de la nuit » Besson et Marine « Godzilla » Le Pen, le socialiste Vincent Peillon a finalement décidé de décliner l’invitation. Histoire de lancer le débat, il s’est un peu assis sur les us-et-coutumes du petit monde médiatico-politique qui veulent que lorsqu’un responsable politique se désiste, il prévienne à l’avance le média afin que ce dernier puisse trouver un invité de substitution.

Autant le dire tout de suite : Vincent Peillon a eu 100 fois raisons de ne pas participer à cette foire anti-républicaine organisée (c’est un comble) par une chaîne du service public avec l’argent du contribuable. Et tant qu’à être clair jusqu’au bout : la méthode était la bonne, la seule susceptible de poser la question du bien fondé de cette mise en scène d’un ministre exploitant jusqu’au bout les instincts les plus vils d’une partie de nos concitoyens.

Sur le fond : Le débat associant identité nationale et immigration est un vrai scandale. C’est le prolongement direct d’une politique inhumaine d’expulsion quasi-systématique des étrangers sans-papiers, d’une pratique politique consistant à stigmatiser une partie de la population française pour exister politiquement et médiatiquement, de propos lamentables tenus par Nicolas Sarkozy lors de la campagne de 2007 qui avait expliqué devant des millions de téléspectateurs sur TF1 que quand on était français, « on ne pratiquait pas l’excision et on n’égorgeait pas de moutons dans sa baignoire ».

Ce débat nauséabond, instrumentalisé par l’UMP pour des motifs électoraux est pourtant rejeté par l’ensemble de l’opposition républicaine et même par trois anciens chefs de gouvernements de droite. Les français le jugent au mieux inutile, au pire dangereux. Les ministres du gouvernement désertent les débats organisés dans les préfectures durant lesquels ils sont systématiquement poussés à la faute par des militants du FN survoltés. Chez une grande partie de nos concitoyens : l’impression que ce débat a définitivement fait passer à la trappe notre idéal républicain de liberté, d’égalité et de fraternité.

Que la première chaine du service public, dans la principale émission politique de prime time, décide de remettre en scelle le ministre qui a provoqué ce chaos, qu’elle présente un portrait cire-pompe que même Michel Drucker n’aurait pas osé diffuser, qu’elle organise une confrontation-spectacle légitimant l’amalgame facile entre immigration et perte de l’identité nationale… tout ces éléments sont déjà scandaleux.

Que la première chaine du service public décide de mettre sur la touche l’opposition républicaine en reléguant l’unique représentant invité à la fin de l’émission (cinq minutes à la fin de l’émission, une fois que les téléspectateurs ont été se coucher) et qu’elle tease son émission autour du match « Besson – Le Pen : qui sera le plus fascho ? »… et le scandale devient un vrai foutage de gueule.

Sur la forme : L’attitude de Vincent Peillon refusant de jouer le rôle de la caution républicaine dans cette mascarade était donc la meilleure. Monsieur Apathie peut continuer à crier au scandale (peut-être a-t-il encore reçu un SMS de Matignon ou de l’Elysée…) : tout ça n’est pas très important. L’égo froissé de Madame Chabot représente bien peu de choses par rapport à la dérive anti-républicaine qu’a pris la chaîne jeudi soir.

Publié par Philippe à 16:45
Mots-clefs :, , , , , ,
Il y a 4 commentaires pour cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

jan 09
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

La Twitter-war des régionales

Twitter est un média qui touche peu de monde. Pour ce qui concerne la politique, ses utilisateurs sont en règle générale surinformés, plutôt urbains, plutôt accros aux nouvelles technologies… beaucoup de blogueurs, beaucoup de journalistes aussi. S’il est difficile d’imaginer que Twitter puisse être un instrument de campagne permettant de toucher directement les électeurs, c’est le lieu idéal pour parler aux relais d’opinion, lancer des buzz, se faire une image cool et branchée.

Ça, la plupart des politiques qui ont investi Twitter l’ont compris. Certains twittent eux même, d’autres délèguent cette responsabilité à leurs collaborateurs. Certains se contentent d’annoncer leurs passages télé et de reprendre les articles publiés sur leur site perso (pas forcément le truc le plus intéressant qui soit), d’autres s’expriment de façon plus personnelle, profitent de cette tribune pour pousser des coups de gueule forcément concis (140 caractères maximum), poster des photos, répondre aux interpellations.

Je ne vais pas reparler… encore… de cette histoire de photo postée par mon amie Anne Hidalgo représentant Valérie Pecresse endormie au conseil régional. Valérie Pecresse a pris des vacances, elle était mercredi soir l’invitée de Canal + : réveillée et bronzée. Passons à autre chose.

Sur Twitter, Valérie Pecresse ne se contente pas de faire un petit somme : elle dit souvent n’importe quoi… quitte à passer pour l’idiote du village. Dernière trouvaille en date, faire de « la drogue dans les lycées d’Ile-de-France » le sujet numéro un de la campagne. Le tweet de Valérie Pecresse posté hier est particulièrement savoureux :

« Mme Duflot et les Verts sont pour la vente libre du cannabis et la dépénalisation des drogues. Qu’en pensent les socialistes et M. Huchon ? »

Valérie Pecresse n’est pas la seule personnalité de droite à se couvrir de ridicule en ligne. Yves Jego pourrait ainsi devenir la véritable Cindy Sanders de Twitter :

« Prets à confier les lycées de nos enfants à ceux qui plaident pour la légalisation du cannabis et la dépénalisation des drogues ? »

La malhonnêteté intellectuelle de Valérie Pecresse et de Yves Jego est assez flagrante. Même en 140 caractères, l’idée est un peu courte.

D’abord parce que les problèmes de sécurité, et donc les problèmes de drogue, sont de la responsabilité de l’Etat… qu’ils concernent les lycées, les hall d’immeubles, les rues, les jardins public ou les boites de nuit. Valérie Pecresse serait donc bien inspirée de prendre contact avec Monsieur Hortefeux ou avec Monsieur Sarkozy qui, parait-il, portent un peu d’intérêt à cette thématique (même si on peut parfois en douter quand on constate l’inefficacité de l’action gouvernementale sur le sujet). La manœuvre n’est pas anodine. Après avoir cherché à rendre Jean-Paul Huchon responsable des grèves sur le RER A, Valérie Pecresse cherche à faire porter aux collectivités locales la responsabilité des échecs du gouvernement auquel elle appartient. On voudrait prendre nos concitoyens pour des imbéciles qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Ensuite parce qu’elle traduit une pratique assez détestable de la politique qui consiste à calomnier et à simplifier la position de ses adversaires politiques. C’est bien connu… les verts sont des baba-cools qui passent leurs journées à fumer du shit avec leurs copains des autres partis de gauche. Les communistes ont le couteau entre les dents. Les socialistes mangent les enfants… Avec des raccourcis de ce type, la campagne respectueuse que Madame Pecresse appelait de ses vœux semble bien mal engagée (mais peut-être n’était-ce là encore que manipulation et foutage de gueule de la part de la candidate de l’UMP).

Publié par Philippe à 17:21
Mots-clefs :, , , , , , , , , ,
Soyez le premier à réagir à cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

nov 22
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Réforme des collectivités locales : le coup de gueule de Laurent Fabius et des élus socialistes

Laurent Fabius donne, dans Le Monde daté d’aujourd’hui, une interview au nom du PS. « Le malaise des élus locaux » dont il se fait l’écho est bien réel. La réforme des collectivités locales pose selon lui un triple problème : financier avec le charcutage des ressources financières des collectivités (lié notamment à la suppression de la taxe professionnelle) ; territorial avec le démantèlement des services publics de proximité (on pense par exemple à la privatisation annoncée de La Poste), et démocratique avec les magouilles en cours sur le mode d’élection des conseillers territoriaux et les tripatouillages de la carte électorale au profit de l’UMP.

Je n’évoquerai ici que la suppression de la taxe professionnelle qui est, en elle même, absolument scandaleuse. Dans l’absolu, réduire les charges qui pèsent sur certaines entreprises (les PME exportatrices par exemple) pourrait être une bonne idée. Nicolas Sarkozy et François Fillon réussissent le tour de transformer un vrai débat en une crise profonde qui dépasse largement les seuls élus de l’opposition.

Les propos de Nicolas Sarkozy qui dénonçait vendredi « la folie fiscale » des régions (20 d’entre elles sont aujourd’hui gérées par la gauche) constituent un cas d’école de mauvaise foi : en transférant aux collectivités locales de nouvelles responsabilités sans jamais associer les ressources financières correspondantes, le Président adopte l’attitude du pompier pyromane qui, après avoir allumé l’incendie, s’étonne de la gravité des dégâts.

Aujourd’hui, on taille dans le vif en supprimant une des ressources financières essentielles des collectivités locales : la taxe professionnelle. Les compensations ne seront pas à la hauteur. Entre 20 et 30% de coupes dans les budgets d’investissement des collectivités, c’est autant d’établissements scolaires qui ne sortiront pas de terre, de programmes de logements sociaux qui seront abandonnés, d’équipements de proximité (gymnases, crèches, etc.) qui passeront à la trappe.

Je pourrais largement m’étendre sur le mépris affiché par le Président à l’égard des élus locaux mais il y a beaucoup plus grave. En supprimant la taxe professionnelle, Nicolas Sarkozy et son premier ministre vont faire disparaitre une incitation essentielle au dynamisme économique de nos territoires. Avec la taxe professionnelle, les collectivités locales avaient un intérêt essentiel à développer l’activité économique, à encourager la création d’entreprise, à stimuler l’emploi. La taxe professionnelle instituait un système gagnant-gagnant : plus d’activité économique, plus d’emploi, plus de ressources pour les collectivités locales, plus de retombées positives pour nos concitoyens.

Certes on pouvait largement améliorer le dispositif : instituer des mécanismes de solidarité entre les communes riches et les communes pauvres, repenser la base de calcul de la taxe (en la remplaçant par exemple par une taxe sur la valeur ajoutée). Le PS et les partis de gauche ont fait de nombreuses propositions pour améliorer la fiscalité locale, la rendre plus juste, plus solidaire, supprimer ses éventuels effets pervers : ont-elles été lues ? J’en doute.

Si la taxe professionnelle est perfectible, sa suppression pure et simple une fausse bonne idée. En période de crise, le centralisme des politiques économiques revient à se tirer une balle dans le pied. J’ai du mal à comprendre l’intérêt.

Publié par Philippe à 16:53
Mots-clefs :
Il y a 4 commentaires pour cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

nov 14
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Mailorama : Quand le marketing devient irresponsable

Plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées ce midi à Ecole Militaire (7ème arrondissement de Paris). Au commencement, un coup marketing misérabiliste signé Mailorama (un site Internet) : la promesse de distribuer des billets aux passants. A l’arrivée, une vraie émeute avec des policiers caillassés, des voitures retournées, du mobilier urbain vandalisé.

Je suis plus que consterné par l’amateurisme et l’absence de scrupules de Jean-Baptiste Descroix Vernier, le dirigeant de cette entreprise. « Un bon entrepreneur est un opportuniste » déclarait le monsieur il y a quelques mois (l’interview ici). Coté opportunisme, Descroix Vernier est manifestement un expert. Le dirigeant cherche désormais à s’acheter une bonne conscience en annonçant qu’un gros chèque sera prochainement envoyé au Secours Populaire. La misère humaine comme instrument de buzz : tout simplement abjecte.

Descroix Vernier s’est, dans cette affaire, offert les services d’un autre expert, Stéphane Boukris. Ce jeune diplômé de l’ESSEC et de l’ESCP-EAP était déjà connu pour avoir lancé l’éphémère site Internet Faismesdevoirs.com (l’article du Figaro ici). Il confirme qu’il est possible d’obtenir un diplôme d’école de commerce en ayant un sens de la morale proche de zéro et en séchant tous les cours d’éthique des affaires.

Face à un trouble à l’ordre public aussi manifeste, le ministère de l’intérieur vient d’annoncer son intention de porter plainte (voir ici). Je ne saurais qu’inciter la Ville de Paris à évaluer le préjudice (le mobilier urbain est fortement dégradé) et à s’associer à ces poursuites.

Publié par Philippe à 18:09
Mots-clefs :, ,
Il y a 9 commentaires pour cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

nov 07
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo font leur marché dans le 15e

Bertrand Delanoë nous a rejoint sur le marché du boulevard Lefebvre pour rencontrer les habitants du 15ème. Je profite de l’occasion pour publier deux photos prises sur le vif.

[mygal=anne-bertrand2]

Publié par Philippe à 16:39
Mots-clefs :, ,
Soyez le premier à réagir à cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0