juil 22
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Une machine froide et inhumaine

Je viens de recevoir un mail d’un ami de RESF. Le type de mail qu’on aimerait ne plus recevoir et qui vient rappeler la réalité de la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy.

Abiba N. est une mère courage d’origine camerounaise qui vit dans le 15ème avec sa famille. Son compagnon travaille… elle aussi… leurs deux enfants sont scolarisés (le grand est au collège, la petite à l’école maternelle). Cette famille est totalement intégrée à la communauté nationale.

La vie d’Abiba a néanmoins basculé en 2007 quand son titre de séjour n’a pas été renouvelé. Sans papiers, elle a été arrêtée il y a une quinzaine de jours dans le salon de coiffure où elle travaille. Malgré la mobilisation des parents d’élèves et d’habitants de l’arrondissement, malgré les pétitions, malgré les courriers envoyés au préfet de police par plusieurs élus et par moi-même, Abiba sera expulsée dans quelques heures.

Cette histoire est banale. Tristement banale. Elle montre la violence, la brutalité et la froideur dont peut faire preuve l’administration française à l’égard de ceux qui ont choisi de quitter leur pays d’origine pour la France afin d’offrir une vie meilleure à leur famille.

Ce soir, je suis triste… pas très fier de mon pays.

EDIT 22 JUILLET 23h : Les choses ont beaucoup bougé aujourd’hui. Suite aux nombreuses interventions de parents d’élèves, d’habitants, d’élus, de l’avocate d’Abiba, la préfecture a fait marche arrière… pour l’instant. RESF fait décidément un boulot formidable.

Publié par Philippe à 1:42
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mai 26
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Jean-François Lamour doit présenter des excuses aux parisiens

Ian Brossat (élu communiste du 18e arrondissement) fait part, aujourd’hui sur son blog, de son indignation suite aux propos plus que déplacés de Jean-François Lamour (UMP). Je reprend ici son post auquel j’adhère totalement. Une nouvelle confirmation de la conception qu’à la droite parisienne de la mixité sociale (« chacun chez soi, les pauvres au nord et à l’est de Paris, les riches au sud et à l’ouest ») ainsi que de sa tendance systématique à opposer les uns aux autres et à désigner des boucs émissaires.

Jean-François Lamour doit des excuses aux habitants du nord de Paris

Dans le Parisien de ce matin, interrogé sur la délinquance dans le quinzième arrondissement, Jean-François Lamour dit ce qu’il a sur le cœur, et cela vaut le détour : « depuis six ou sept ans, la Mairie de Paris nous envoie des familles du nord de Paris en grande difficulté avec, chez certaines, des délinquants récidivistes ». Visiblement pour le Président du groupe UMP, tout cela est d’une lumineuse simplicité. Bouffi de haine de classe et de mépris pour les habitants des arrondissements populaires, il ne recule devant aucune indignité.

C’est pourquoi, avec mes collègues élus du nord-est de Paris, nous exigeons de Jean-François Lamour qu’il retire ces propos et qu’il s’excuse auprès des Parisiens. Nous n’accepterons pas que nos quartiers et ceux qui y vivent soient ainsi stigmatisés par un responsable politique municipal de premier plan.

Le Président du groupe UMP ferait mieux de se tourner vers les vrais responsables de la montée de l’insécurité, notamment dans son propre arrondissement : la chute des crédits de l’Etat aux associations, la mise à sac de la politique de la Ville, la casse de l’école publique, ou la baisse des effectifs policiers. Ce n’est pas la mixité sociale qui provoque l’insécurité, c’est la politique du gouvernement. Ces propos insultants ne visent qu’à masquer cette triste réalité. Jean-François Lamour, lui, tombe le masque, en revanche.

Publié par Philippe à 21:53
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mai 23
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Anonymat des blogueurs : le sénateur UMP aurait mieux fait de se taire

L’info a déjà largement été relayée (voir notamment ici) : un sénateur UMP (Jean-Louis Masson) va prochainement déposer un texte pour mettre fin à l’anonymat des blogueurs. Le site de microblogging Twitter serait également concerné.

Ozap résume le projet en termes assez clairs : « Si jamais ce texte venait à passer et que vous possédez un blog dans lequel ne figure pas votre nom, vous serez considéré comme hors-la-loi. Mais la proposition ne se limite pas aux blogs. Par extension, il vous serait également interdit de publier vos tweets depuis un profil anonyme sur Twitter. »

On sait que la majorité UMP considère Internet comme un espace de menaces où des pédophiles, des vendeurs de faux médicaments, des cybercriminels, et des pirates de films et de musique côtoient de dangereux individus qui ne font rien qu’à critiquer Nicolas Sarkozy et relayer des rumeurs sur sa vie privée.

Les déclarations tonitruantes de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, ont au moins le mérite de révéler la conception ultra-réactionnaire de la droite à propos d’Internet. On comprend donc dans quel état d’esprit a été élaborée cette proposition… et ce que désigne monsieur Masson lorsqu’il évoque les « dérives » d’Internet.

Même si je n’utilise pas de pseudonyme lorsque j’écris sur mes blogs ou sur mon compte twitter, je trouve cette proposition au mieux stupide… au pire liberticide et dangereuse.

La proposition tout d’abord stupide. Elle est inapplicable car n’importe qui peut ouvrir un blog anonyme hébergé à l’autre bout de la planète en deux clics). Elle est superflue car la plupart des blogueurs influents sont rapidement identifiés. Le pseudo est souvent plus un signe de reconnaissance et d’appartenance à la communauté des blogueurs (et ma collègue et amie madoret pourra, je pense, confirmer) qu’un moyen de dissimuler sa véritable identité.

Si dans la plupart des cas, le pseudo n’est pas un instrument de dissimulation de l’identité, il peut arriver qu’il le soit… et que cet anonymat soit totalement justifié. Comme l’expliquent Peuples.net ou Juan de Sarkofrance, deux bloggeurs engagés à gauche, l’anonymat est pour eux une forme de protection, notamment vis à vis de leur entourage professionnel. L’argument est totalement recevable : le cas de Jess, cette jeune femme contributrice du Post licenciée après que son employeur ait découvert l’existence de son blog (après une dénonciation) vient nous le montrer.

A la différence du journaliste, le blogueur est souvent un témoin qui livre un matériau brut nous permettant de mieux comprendre notre société. Je vois mal le jeune homosexuel de banlieue qui parle des difficultés de sa vite quotidienne, le prof de fac qui expose les dysfonctionnements de l’université ou le salarié d’une grosse entreprise qui exprime sa souffrance au travail pouvoir témoigner dans les mêmes conditions sans pseudonyme. Supprimer l’anonymat des blogueurs, c’est censurer cette forme d’expression nouvelle qui nous permet de prendre le pouls du monde qui nous entoure.

J’imagine que lorsqu’il a rédigé son texte, Monsieur Masson avait en tête le cas des blogs d’opinion (mais si… vous savez… ceux qui ne font rien qu’à critiquer le Président) et que c’est pour cette raison qu’il propose d’étendre le régime des organes de presse professionnels aux blogs. Les deux situations ne sont pas comparables. Si tous les blogueurs devaient, comme le propose le sénateur, divulguer leur identité, leur adresse et leur numéro de téléphone, on imagine bien les pressions qui pourraient s’exercer sur eux. La différence entre un organe de presse professionnel et un bloggeur lambda, c’est que dans une rédaction… il y a toujours un rédac’ chef dont une partie du job consiste à se faire enguirlander par les personnes citées par ses journalistes, à leur apporter une écoute compatissante pour, le plus souvent, passer à autre chose. Difficile d’imaginer qu’un blogueur lambda puisse se montrer aussi indépendant. Le proposition est donc liberticide.

Le projet de Jean-Louis Masson est enfin dangereux, notamment pour les jeunes internautes. Les adolescents possèdent souvent des blogs hébergés sur la plate-forme de Skyrock. De nombreux fabricants de jouets (Hasbro pour les pet-shops) ont également créé des extension en ligne à leurs produits. Dans tous les cas, ces services sont anonymes et c’est tant mieux. Il n’est pas totalement inconcevable d’imaginer que des personnes mal-intentionnées fassent un mauvais usage des données personnelles qui seraient mises en ligne par ces mineurs si la proposition du sénateur UMP trouvait un écho favorable auprès des parlementaires. Si elle soutenait la proposition de ce sénateur, la droite perdrait donc toute crédibilité en matière de lutte contre les réseaux pédophiles sur Internet.

Publié par Philippe à 17:00
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avr 11
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Pouvoir de Manuel Valls : une lecture critique

Les primaires approchant (mi 2011 nous dit-on), je vais commencer à m’intéresser aux programmes des différents candidats. Le premier d’entre eux à s’être livré au difficile exercice de l’écriture d’un livre-programme est Manuel Valls. Sans être un grand fanatique du personnage (je n’ai pas aimé la séquence des petits courriers échangés avec Martine Aubry, j’ai trouvé ridicule la photo avec le sparadrap sur la bouche, et franchement maladroit le coup de com sur le marché d’Evry), je me suis donc plongé dans la lecture de « Pouvoir », livre au travers duquel Valls entend – selon son éditeur – dessiner « les contours d’un projet global en phase avec notre époque ». Ma lecture sera critique, j’essaierai de faire le même exercice avec les autres candidats (pour peu que j’arrive à trouver suffisamment de temps pour y parvenir).

Les premières pages du livre sont assez classiques : un diagnostic assez sombre de l’état du pays, des formules ampoulées. Valls essaie de montrer que « les français doutent de leur avenir » (p.9) et qu’il peut incarner une gauche qui comprend « les problèmes de nos concitoyens et renoue avec ses fondamentaux en répondant aux questions simples qu’ils se posent » (p.14). Pour le lecteur, ces premières pages sont l’occasion de se payer quelques tranches de rigolades, notamment lorsque Manuel Valls explique qu’il faut « accepter la perte de la Verité unique et reconnaitre sa fragmentation en vérités multiples et contradictoires » (mouaiiiiis, Fox Mulder sors de ce corps) ou qu’en 2007, Nicolas Sarkozy, « dont l’identité s’est construite presque mimetiquement contre son prédécesseur, prétendait renverser la table » (note pour plus tard, faire une note de synthèse à Valls sur l’imitation et le mimétisme pour qu’il n’écrive plus de bêtises sur le sujet).

Ces 50 premières pages, qui sont également dédiées aux questions de la nation et à la conception du politique portée par l’auteur, sont parfois maladroites : on voit mal où il veut en venir. Il faut attendre le troisième chapitre, qui est consacré aux différences entre la gauche et la droite, pour commencer à cerner la vision politique de Manuel Valls. Ce passage est, de très loin, le plus intéressant et le plus créatif de l’ouvrage. Manuel Valls y propose un projet fondé sur l’émancipation de l’individu.

A l’opposé d’une droite qui considère que chacun peut accomplir son propre destin à condition de s’en donner la peine, le gauche telle que la conçoit Manuel Valls devrait axer ses efforts sur la création de dispositifs permettant de dépasser les inégalités de départ afin de donner à chacun les moyens de réussir sa vie comme il le souhaite. Manuel Valls n’est, bien sûr, pas le seul à promouvoir ce projet d’émancipation individuelle… mais il l’exprime de façon claire et particulièrement convaincante.

Seulement voilà, le programme annoncé par Manuel Valls se heurte à trois problèmes qui tiennent, à mon avis, au caractère inachevé de la réflexion de l’auteur.

Premier problème, l’auteur confond autoréalisation et « indépendance individuelle » (p.57). De fait, il retombe dans le credo libéral classique qui veut qu’autrui soit systématiquement considéré comme une limite à la liberté de l’individu. Ce contresens laisse supposer que dans l’esprit de Valls, il faudrait tendre vers l’autonomie des agents qui fait tellement fantasmer les économistes néoclassiques. Bon, je ne vais pas faire le reproche à Valls de nier les liens sociaux (ce serait un comble pour une personnalité de gauche) car je pense qu’il ne s’agit que d’une formulation maladroite.

Le deuxième problème est plus profond. Manuel Valls souhaite faire de l’émancipation individuelle le fil conducteur de sa pensée, une sorte de matrice qui serait déclinée dans tous les domaines et qui donnerait cohérence et crédibilité à ses propositions. Je pense que sur ce point, Valls tombe très juste et que ce travail de reconstruction de la doctrine de la gauche est indispensable. La solution proposée par Manuel Valls n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle, on retrouve en effet cette volonté émancipatrice chez Giddens… et même chez Jaurès lorsqu’il explique que l’individu est la mesure de tout. Le hic, c’est qu’une fois ce grand principe énoncé, il ne se passe plus grand chose. La conclusion du troisième chapitre est franchement ridicule car la seule conséquence que semble tirer Manuel Valls, c’est de proposer de changer le nom du parti socialiste (p.60). Dans la suite de l’ouvrage, le lien entre l’émancipation individuelle et les propositions concrètes de l’auteur est assez absent. Dommage, vraiment dommage.

Le troisième problème est une conséquence du second. Valls est un partisan de la triangulation (qui consiste à reprendre des idées du camp d’en face). Cette stratégie a été expérimentée par Bill Clinton qui, lors de sa première campagne présidentielle, reprenait les positions républicaines sur les grandes questions sociétales (sujet sur lequel les républicains étaient en position de force) pour mettre en avant des propositions originales en matière économique (domaine où les démocrates avaient une vraie avance).

J’ai toujours trouvé que la triangulation était une forme de renoncement. Je préfère de très loin la stratégie d’Obama qui consiste à apporter une réponse nouvelle et progressiste aux sujets de prédilection de la droite (ce point est décrit dans le rapport que Terra Nova a consacré à la campagne américaine de 2007). Lorsque Valls propose de supprimer l’ISF, tape sur les 35 heures, explique qu’il faut bazarder l’age légal de départ à la retraite, je pense donc qu’il se trompe et qu’il cède à la facilité.

La démarche de Manuel Valls pourrait néanmoins avoir du sens si, tout en triangulant sur la réforme des retraites et la fiscalité, il était capable de formuler des propositions de gauche originales sur d’autres sujets (la lutte contre le chômage, l’immigration, les sujets de société ou les relations internationales par exemple). Ces positions seraient d’autant plus novatrices si elles s’inscrivaient dans la ligne directrice proposée par l’auteur : l’émancipation individuelle. Or en lisant l’ouvrage, on a vraiment l’impression d’une accumulation d’idées peu articulées les unes avec les autres. Dès lors, la stratégie de triangulation de Manuel Valls est selon moi une impasse : si elle était mise en œuvre dans le cadre de la campagne pour 2012, elle légitimerait les positions de la droite plus qu’elle ne procurerait un avantage concurrentiel au candidat de la gauche.

Malgré le caractère inabouti de la réflexion de son auteur, l’ouvrage de Manuel Valls constitue néanmoins une lecture stimulante. Le propos est, dans l’ensemble, plutôt intelligent (ce qui n’est pas toujours le cas dans les ouvrages politiques), la critique de la politique de Nicolas Sarkozy est intéressante. Encore pas mal de travail pour Manuel Valls (je ne crois pas que la perspective de le voir représenter la gauche en 2012 soit très crédible)… mais c’est un début intéressant.

« accepter la perte de la Verité unique et reconnaitre sa fragmentation en vérités multiples et contradictoires »

Publié par Philippe à 18:53
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mar 31
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Méluche a-t-il pété les plombs ?

La vidéo qui fait le buzz en ce moment, c’est Jean-Luc Mélenchon prenant à partie un journaliste et le traitant de « Petite Cervelle ». Les commentateurs s’en donnent à cœur joie : « Méluche a dérapé », « Mélenchon veut censurer la presse », « Mélenchon a le melon ». Je dois avouer que j’ai regardé plusieurs fois cette vidéo qui est, en fait, assez marrante. Peut-être pas de quoi faire la une du site lemonde.fr mais assurément de quoi garantir une petite tranche de rigolade.

Mélenchon: Les journalistes sont de « petites cervelles »
envoyé par ecoledejournalisme. – L’info internationale vidéo.

Je vais ici faire part d’un avis tout à fait personnel : cette polémique disproportionnée.

Comme souvent, Mélenchon est dans l’outrance, et un peu dans la maladresse. Traiter un journaliste de « petite cervelle », ce n’est pas très malin. Laisser croire que les sujets de société (l’esclavagisme sexuel en l’occurrence) seraient des sujets mineurs et sans intérêt, c’est vraiment nul.

La gauche a toujours porté des valeurs de liberté et de progrès. C’était vrai en 1981 lors de l’abolition de la peine de mort. C’était vrai en 1999 quand le gouvernement Jospin a créé le PACS. Ce sera vrai, demain j’espère, quand la gauche pourra faire avancer les dossiers du mariage et de l’adoption pour les couples du même sexe ou du droit à mourir dans la dignité. Les questions sociétales sont au coeur du projet politique de la gauche… Mélenchon le sait, Mélenchon en est convaincu, ses propos tiennent donc de l’énervement et ont, sur ce point précis, probablement dépassé sa pensée.

Sur le fond maintenant. Le fait que des journaux décident de mettre en avant la question de la légalisation des maisons closes deux jours après le premier tour d’une élection régionale dans laquelle la droite se prend une énorme branlée est tout de même assez étrange. Mélenchon a donc bien raison de dénoncer une tentative assez piteuse de diversion. Je suis quasi-certain que la question des maisons closes va être enterrée pour un petit moment et qu’on la ressortira en temps opportun pour éviter la tenue d’un autre débat. Cette technique de l’enfumage est bien connue, la une du Parisien est de ce point de vue un cas d’école (école de journalisme héhéhé).

La réponse de l’étudiant en journalisme (même si j’ai beaucoup de sympathie pour les étudiants en journalisme) est assez idiote : « ça intéresse les gens ». Les émissions de Cauet ont, en leur temps, aussi intéressé les gens. Les vidéos de Mickael Vendetta et celles de Cindy Sanders ont énormément « intéressé les gens » sur Internet. Le fait qu’un sujet « intéresse les gens » ne veut pas forcément dire qu’il soit important. Le fait que « ça intéresse les gens » ne veut pas forcément dire que ces mêmes gens ne pourraient pas s’intéresser à autre chose de plus intelligent. L’argument de la majorité servant à justifier la médiocrité est à mon sens irrecevable lorsqu’il est utilisé par des journalistes… mais aussi lorsqu’il est utilisé par des politiques (je ne reviendrai pas sur les propos de Frêche expliquant qu’il se fait élire « par des cons » mais ils procèdent de la même logique). Sur le fond, je souscris donc totalement à l’indignation de Jean-Luc Mélenchon.

Quelques mots de conclusion sur le personnage de Mélenchon maintenant. Même si j’ai été profondément agacé par sa décision de claquer la porte du PS, même si ses sautes d’humeur m’énervent, même si j’ai de nombreux sujets de désaccord avec lui, je dois reconnaitre que j’ai de la sympathie pour le monsieur.

Mélenchon n’est pas, de ce que je peux en connaitre, le type égocentrique et imbu de lui même qu’on voit dans la vidéo. Un de mes amis m’a raconté une fois une anecdote à propos de Jean-Luc Mélenchon (j’espère qu’il ne m’en voudra pas de la reproduire ici). Cet ami (un jeune militant) devait, lors d’un débat du PS, venir apporter la contradiction à Mélenchon et à d’autres ténors du parti devant un public composée de plusieurs centaines de personnes. Mon pote était mort de trouille et c’est Mélenchon qui une demi-heure avant le débat a pris le temps de le rassurer et de lui donner quelques ficelles pour surmonter son trac. J’ai, moi-même, à deux reprises eu l’occasion d’échanger avec Jean-Luc Mélenchon (à chaque fois lors des universités d’été du PS) : j’ai à deux reprises rencontré un personnage sympathique, attachant et généreux. Voilà, je pense, qui est le vrai Mélenchon. Fin de la page « commentaire de polémique »… tout du moins jusqu’au prochain dérapage de Zemmour ou à la prochaine vanne de Guillon.

Publié par Philippe à 17:21
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mar 22
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Yes we did

Pas d’auto-congratulation… certes, mais une immense satisfaction au vu des résultats de ces élections régionales. La campagne a été longue, difficile, fatigante. Les attaques de la droite ont été particulièrement dures (je pense notamment à l’affaire Soumaré, mais aussi aux tracts édités par l’UMP du 15ème qui attaquaient nominativement Anne Hidalgo et qui étaient à la limite de la diffamation). Dans ce contexte, la confiance accordée par les électeurs aux listes de gauche… et particulièrement à celles de Jean-Paul Huchon en Île-de-France me touche beaucoup.

A Paris, Anne Hidalgo et ses colistiers sont arrivés largement en tête en totalisant 58% des suffrages. L’élu local que je suis ne peut que s’en réjouir. Jean-Paul Huchon a toujours été un partenaire précieux et fidèle qui a permis la réalisation de nombreux projets dans le 15ème à l’instar des Tramways T2 et T3, des crèches ou des nombreux logements sociaux et étudiants que la Région a largement contribué à financer. La confiance des électeurs vient donc renforcer notre engagement pour plus de solidarité, d’écologie, de santé, de qualité de vie, de dynamisme économique et de justice sociale.

La collaboration étroite entre la Ville de Paris et la Région est nécessaire, indépendamment des appartenances partisanes. Il n’empêche que les choses auraient été probablement plus compliquées si Valérie Pecresse avait été élue à la présidence du Conseil Régional.

Merci à vous. Bravo à nos partenaires des autres formations politiques de gauche. Ce score nous donne la responsabilité de travailler ensemble, de façon plus étroite encore, à la Région (et partout ailleurs). Un dernier mot d’amitié à Anne Hidalgo qui a fait une campagne parisienne proche du terrain, innovante, intelligente et joyeuse. Anne fait partie des rares personnalités politiques que je connaisse qui accepte de se faire parfois enguirlander par son équipe et qui soit capable d’écouter les critiques des électeurs et des militants. Une bonne leçon d’humilité (et une sacré qualité).

Le score dans le 15ème est plus qu’encourageant puisque la gauche retrouve a peu près le même niveau qu’en 2008 lors des municipales. Nous avions à l’époque bénéficié des luttes fratricides de l’UMP du 15ème ce qui n’était pas le cas cette fois-ci. Encore 2000 voix à conquérir pour pouvoir faire entrer l’arrondissement dans une vraie dynamique de progrès et de solidarité. Ya plus qu’à…

Publié par Philippe à 16:06
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fév 08
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L’UMP propose la ségrégation dans les transports : consternation

Plus c’est gros… plus ça passe… ou pas. Ce matin, Bruno Beschizza, policier, ex syndicaliste et tête de liste UMP en Seine Saint-Denis a eu une idée pour lutter contre l’insécurité dans le RER.

Roulements de tambours… tada…  au micro de France Bleu Île-de-France, le candidat de l’UMP a proposé de  réserver aux femmes le « premier wagon de chaque train », en précisant (pour être sarkozyste jusqu’au bout) qu’on ferra en sorte qu’il soit « sur-vidéoprotégé » (l’article du Figaro ici).

Séparer les hommes et les femmes… voilà donc la chic idée de l’UMP pour lutter contre l’insécurité. Trois remarques me viennent à l’esprit.

D’abord, l’idée est assez gonflée : si l’insécurité augmente, c’est peut-être que la politique de Nicolas Sarkozy en la matière est totalement inefficace. Après le karsher, la politique du chiffre imposée aux policiers, le non renouvellement d’un fonctionnaire de police sur deux, les caméras en veux tu en voilà, les flash-balls, les tasers, les lois sur la délinquance des mineurs, les cagoules, les chiens méchants… force est de constater que la droite est nulle en matière de sécurité. Le candidat de l’UMP fait donc un bon diagnostic… qui devrait s’il était sincère l’amener à rendre sa carte à l’UMP et à rejoindre l’opposition pour préconiser la mise en place d’une police proche des gens et un renforcement des effectifs.

Ensuite, l’idée fait froid dans le dos. Je ne peux m’empêcher de penser que séparer les hommes et les femmes constitue une régression scandaleuse. Il fût un temps où aux Etats-Unis, on réservait l’avant des bus aux blancs et l’arrière des bus aux noirs… cette fois-ci, la ségrégation proposée par l’UMP n’est pas fondée sur la couleur de la peau mais sur le genre. Mon ami Romain Pigenel (candidat sur la liste menée par Anne Hidalgo en Île-de-France) fait d’ailleurs une analyse intéressante en pointant les conséquences négatives d’un tel dispositif : « On imagine bien, ensuite, l’effet d’une telle annonce sur les voyageurs de sexe masculin. En dehors des wagons « surprotégés » de l’avant du train, bienvenue au Far West ! Les ressources en sécurité n’étant pas indéfiniment extensibles, la partie du train ouverte aux hommes serait mécaniquement plus délaissée, et attraperait vite une aura de « zone de non-droit » où agressions en tous genres pourraient se dérouler avec des risques moindres pour les délinquants. » Bien vu Romain.

Enfin, et c’est peut-être le plus regrettable pour un parti qui prétend vouloir diriger la Région, la proposition est foncièrement débile. Poursuivons la logique… instaurons aussi une ségrégation entre les jeunes et les vieux, créons un wagon bunker pour les petites vieilles… un wagon avec vidéo pour les jeunes femmes… et un wagon avec un ring entouré de barbelés pour que les hommes puissent se taper dessus… ouais ouais, comme des vrais mecs ont vous a dit ! La proposition émane d’un policier… pas sûr que ça contribue à redorer l’image de cette profession trop souvent stigmatisée.

J’en viens presque à regretter la brave Chantal Jouanno qui souhaitait simplement automatiser la ligne 14 du métro parisien.

Pour info, Jean-Paul Huchon propose de renforcer la présence humaine dans les gares et dans les rames. Ça semble tellement simple qu’on se demande bien pourquoi l’UMP, Valérie Pecresse et Nicolas Sarkozy n’y ont pas pensé avant.


Publié par Philippe à 19:24
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fév 02
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Et le voici, le projet de Jean-Paul Huchon pour l’IDF

Je profite de la durée exceptionnellement courte du conseil d’arrondissement de ce soir (à part un sketch proprement hallucinant d’une élue UMP au sujet de Beaugrenelle, la séance a été plutôt calme) pour poster le tant attendu programme de Jean-Paul Huchon pour les élections régionales de mars en Île-de-France.

Trois piliers : les transports (avec le projet Arc Express pour développer les transports banlieue à banlieue), solidarité (ce que JP Huchon appelle le « bouclier social ») et le dynamisme économique (avec une politique ambitieuse en faveur de la formation et des entreprises).

Voilà pour les grandes lignes… pour le détail… c’est dans le journal de campagne.

Publié par Philippe à 0:07
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jan 30
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Jean-Paul Huchon dévoile son projet… lundi

En attendant, un teaser…

Publié par Philippe à 19:45
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jan 25
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Valérie Pecresse et le logement social… un commentaire

Il y avait quelque chose d’un peu surréaliste à voir, samedi dernier sur le plateau de Laurent Ruquier, Valérie Pecresse défendre le logement social (la vidéo ici).

Personnellement, j’aurais plutôt tendance à me réjouir de cette prise de position. J’ai plutôt l’habitude de voir les élus locaux de droite d’Île-de-France refuser d’appliquer la loi SRU (qui leur impose 20% de logements sociaux) et préférer payer une amende.

Le problème, c’est que les déclarations de Valérie Pecresse en matière de logement social me semblent d’avantage relever de l’imposture de campagne que d’un réel engagement en faveur de la mixité sociale. Les contre-vérités sont assez nombreuses… suffisamment en tous les cas pour justifier un long commentaire de ma part.

Le bilan de Jean-Paul Huchon en matière de logement social est plus que positif

A Paris, la mairie dirigée par Bertrand Delanoë a décidé de mettre le paquet sur le logement social avec 40 000 logements sociaux prévus pour cette mandature. Dans cet effort sans précédent, la Région a toujours été un partenaire efficace. Entre 2004 et 2010, elle a contribué au financement de plus de 100 logements sociaux par jour en Île-de-France.

Même si beaucoup reste à faire, je considère donc que le bilan de Jean-Paul Huchon est largement positif (n’en déplaise à Madame Pecresse). J’espère donc que Chonchon sera réélu pour qu’il puisse continuer à nous accompagner dans la politique de mixité sociale que nous mettons en œuvre à Paris. Compte tenu de la faiblesse de la participation de l’Etat, l’aide de la Région nous est plus que jamais indispensable.

Avec la droite, la Région ne construira pas un seul logement social

Le logement social ne fait pas partie des compétences de base de la Région. Dans ces conditions, l’effort financier consenti par la Région est vraiment appréciable.

Ce qui permet à la Région d’accompagner la ville de Paris dans sa politique de mixité sociale, c’est une disposition un peu technique : la clause de compétence générale. C’est par cette clause que la Région a le droit d’intervenir dans des domaines d’intérêt régional même s’ils ne s’inscrivent pas dans ses prérogatives principales (les Lycées, les transports, etc.)

La réforme des collectivités locales défendue par l’UMP et par Madame Pecresse prévoit supprimer cette disposition. Si ce projet est adopté, la Région sera donc dans l’illégalité lorsqu’elle financera du logement social.

Pour Valérie Pecresse, soutenir la réforme des collectivités locales et promettre de faire du logement social relève donc du super-foutage-de-gueule.

La droite n’aime pas la mixité sociale

Il y a une formule qui m’a fait particulièrement tiquer dans le programme de l’UMP. Il s’agit de celle où madame Pecresse explique défendre la « vraie » mixité sociale. J’avoue n’avoir pas tout de suite vu de quoi il s’agissait (comme si la gauche défendait la « fausse » mixité sociale). J’ai n’ai compris la signification de cette expression qu’en regardant Madame Pecresse sur France 2 lorsqu’elle a expliqué vouloir faire du logement intermédiaire pour les classes moyennes.

Le terme « logement intermédiaire » désigne en réalité un type de logement réservé aux catégories socio-professionnelles favorisées (le PLI). Pour un célibataire à Paris, le plafond PLI est fixé à un peu plus de 3200 euros nets mensuels. A toutes fins utiles, je précise que 80% des salariés français gagnent moins de 2300 euros nets.

La clientèle visée par Valérie Pecresse concerne donc les revenus relativement hauts. Quand on est célibataire et qu’on gagne 3200 euros nets par mois, on peut largement se loger dans le privé en louant un deux pièces ou en faisant l’acquisition d’un bien immobilier.

On ne peut pas produire du logement social uniquement en faisant des constructions neuves

La dernière arnaque de Valérie Pecresse en matière de logement social concerne le mode de production retenu. A Paris, environ un tiers des logements sociaux qui sont financés par la Région et par la ville sont des constructions neuves. Les terrains libres étant rarissimes, la majorité des logements sociaux sont produits par acquisition-conventionnement (la ville rachète des immeubles souvent vendus à la découpe ce qui permet aux locataires de rester dans les lieux) ou par réhabilitation lourde (on retape des immeubles insalubres ou des chambres de bonnes pour en faire des logements habitables).

Madame Pecresse souhaiterait nous faire croire qu’il y aurait un bon moyen de faire du logement social (la construction) et deux mauvais moyens (l’acquisition et les réhabilitations). Ces dispositifs sont en réalité complémentaires.

D’abord parce que, comme je l’ai dit, on ne pourrait pas produire beaucoup de logements sociaux si on devait se limiter aux constructions nouvelles (vu qu’il y a peu de terrains libres à Paris). Privilégier exclusivement les constructions neuves, ça voudrait dire réserver Paris aux plus privilégiés en reléguant les logements sociaux en banlieue lointaine (là où il y a des terrains disponibles). Les acquisitions et les réhabilitations sont donc un vrai instrument au service de la mixité sociale.

Ensuite parce que les acquisitions et les réhabilitations permettent globalement d’améliorer la qualité des logements et leur isolation. Gagnant sur toute la ligne : meilleure sera l’isolation, moins les habitants auront à payer en chauffage l’hiver, et moins on rejettera de CO2.

Publié par Philippe à 23:31
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