Le film de Vanessa Schneider était focalisé sur le duel Panafieu / Delanoë. Plus que la victoire de Delanoë, il donnait surtout à voir la défaite de Françoise de Panafieu, lâchée par son propre camp et devant faire le deuil d’une victoire autour de laquelle elle s’était construite. Dans “A l’assaut de Paris”, diffusé aujourd’hui sur France 5, Serge Moati adopte une perspective plus pointilliste. A coté de son immersion dans le QG de Françoise de Panafieu, le réalisateur a choisi de s’intéresser à trois arrondissements stratégiques : 12ème, 8ème, 9ème.
Là encore, le laps de temps écoulé entre la fin du film et sa diffusion nuit à la clarté du propos. Difficile de dissocier l’essentiel de l’accessoire, de donner du sens. En 70 minutes, Moati parvient cependant à délivrer son message : les divisions de la droite ont encore une fois permis à la gauche de l’emporter (cette fois ci sans trop avoir à faire campagne).
Coté UMP, c’est une union de façade qui se fissure, mois après mois, devant nos yeux. Dissidences, rivalités internes, festival de coup bas : Panafieu est aux commandes d’un navire dans lequel l’équipage est en train de s’entretuer. Emblématique cette scène où Françoise de Panafieu essaie de faire démarrer une réunion de travail à laquelle elle est la seule à vouloir participer. Pas facile.
La stratégie de l’UMP apparait plus comme le produit d’initiatives individuelles peu coordonnées que comme le fruit d’une réflexion organisée : Lamour veut taper sur le MoDem, Cavada entend dénoncer le communautarisme de la gestion Delanoë… Panafieu n’arrive pas à trancher. C’est un sacré bordel ! Pendant ce temps, Delanoë survole (pas vraiment ce qui s’est réellement passé).
Dans le 9ème arrondissement, Delphine Burkli, la candidate de l’UMP donne l’impression de vivre au pays de Bisounours. En promettant, ballons à la main, de traiter les demandes individuelles des habitants, la jeune candidate de l’UMP invente un nouveau concept : le clientelisme funky. Malgré le résultat impitoyable du second tour, la jeune candidate arrive à se réjouir d’avoir un siège au Conseil de Paris (encore heureux : c’était elle la tête de liste). Jacques Bravo (PS), qui en a vu beaucoup d’autres, n’a donc pas de mal à se faire élire…
Coté 8ème, c’est le psychodrame. Au fil des mois, Pierre Lellouche s’enferme dans un sentiment de persécution étonnant. L’UMP soutiendrait en sous-marin le dissident François Lebel (maire du 8ème) parce que ce dernier a marié Nicolas Sarkozy et Carla Bruni. Il ressasse… trépigne… s’énerve… et ne voit pas que sa candidature ne prend pas. Au lieu de labourer le terrain, il passe sa vie dans le 9ème arrondissement… daignant passer quelques coups de fil à son équipe de campagne. Etonnant.
L’oscar du candidat le plus lunaire revient probablement à Jean-Marie Cavada… sans commentaires. Michèle Blumenthal est attachante. Le soir du premier tour, son stress l’empêche de comprendre les chiffres qui arrivent des bureaux de votes… peu importe : elle a déjà gagné.
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