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Fallait-il s’allier avec le MoDem ?

heidi_rancon-cavenel.jpgJe découvre, avec un peu de retard, la tribune de Heïdi Rançon-Cavenel, ex candidate socialiste dans le 8ème arrondissement de Paris, à propos de l’alliance manquée avec le MoDem. Au risque d’être un peu simpliste, le propos de Heïdi est le suivant : Delanoë a sacrifié ses plus fidèles lieutenants (Annick Lepetit, Lyne Cohen Solal et Anne Hidalgo) en refusant de faire une alliance avec le MoDem. Et pourquoi ? Juste pour se différencier de Ségolène Royal en vue du prochain congrès du parti socialiste.

Avec son franc-parler habituel, Heïdi conclut par un “Et ça, je trouve ça nul”. Ça a le mérite d’être clair.

J’aime beaucoup Heïdi. Elle a mené une campagne exemplaire dans un arrondissement très difficile pour la gauche. Sa vision des choses ne me surprend pas, j’avais eu l’occasion d’en discuter très brièvement au téléphone avec elle au lendemain du second tour.

Autant le dire tout de suite, je considère que l’attitude du MoDem, qui a consisté à s’allier tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite, traduit au mieux un manque de clarté sur le projet politique, au pire un opportunisme déroutant. Je n’ai pas aimé l’attitude de Michel Meyer dans le 5ème arrondissement qui a consisté à taper systématiquement sur Bertrand Delanoë et Lyne Cohen-Solal (et à honorer, de son silence complice, les époux Tibéri). Je n’ai pas aimé non plus les déclarations de François Bayrou à Pau ciblant le parti socialiste.

Et pourtant, comme Ségolène Royal, je suis partisan d’une alliance capable de rassembler tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la politique de Nicolas Sarkozy. Alliance il y a eu, à Lille, à Lyon, à Tourcoing (exit Vanneste), à Dijon et dans plein d’autres villes. Pas à Paris. La position de Delanoë est connue : “envisager quelque perspective avec le Modem reviendrait à nous mentir à nous-mêmes” (source, Libé du 31 mars).

On ne peut jamais refaire le match… mais je crois que même si Bertrand Delanoë avait fait preuve de plus d’ouverture d’esprit, cette alliance aurait été très difficile à réaliser à Paris.

Il y avait d’abord le cas Meyer, évoqué plus haut. L’ancien journaliste refusait toute fusion… sauf à lui offrir la tête de liste dans le 5ème. Pas de bol, le 5ème était l’arrondissement qui aurait pu basculer le plus facilement à gauche.

Il y avait aussi les arrondissements de l’est parisien, dans lesquels les candidats socialistes n’avaient rien à gagner à faire alliance avec le MoDem. Un rapprochement les aurait conduit à se priver d’élus sans aucune contrepartie. Ajoutons à ça que les listes PS sont souvent le fruit de négociations très laborieuses entre courants… détricoter tout ça sans rien attendre en retour ? Pas terrible comme deal.

La campagne parisienne, c’est surtout 20 campagnes dans 20 arrondissements aux problématiques différentes. Des arrondissement de gauche n’ayant rien à attendre de la fusion. Un arrondissement charnière où l’attitude du candidat MoDem a fermé la porte à toute alliance. Le contexte était peu propice au rapprochement. L’erreur a probablement été, coté Delanoë, de refuser aussi catégoriquement de discuter. Le maire de Paris est apparu, aux yeux des électeurs du MoDem, comme un individu rigide et fermé. Tant pis pour le 15ème… tant pis pour le 17ème. Les choses seront différentes dans six ans.

Publié par Philippe à 0:04
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5 Commentaires

Jean-Yves
Envoyé le 1 avril 2008 à 6:27

Bertrand Delanoë ne voulait surtout pas recommencer avec le Modem ce qu’il avait été obligé de faire avec ls verts en 2001.
Il était presque assuré d’avoir la majorité avec le seul PS sans fusion avec qui que ce soit.

Et n’oublions pas que les verts avaient prévenu qu’aucun accord ne serait possible en cas d’alliance avec le modem.

Et puis il ne faut pas oublier que Bertrand a déjà d’autres projets dans la tête…..

Le problème du modem aujourd’hui c’est son président qui ne veux qu’une chose devenir président de la république et qui est incapable de donner une vision claire à son parti. Tantôt à gauche, tantôt à droite, c’est plus que l’ouverture.

Au risuqe de te décevoir, nous allons tout faire pour que dans 6 ans,le 15ème reste à droite et qui sait, que paris redevienne aussi à droite

Philippe
Envoyé le 1 avril 2008 à 7:09

Bon courage :p

Thierry
Envoyé le 1 avril 2008 à 9:23

C’est toute l’ironie de la situation à gauche, aujourd’hui. Anne Hidalgo - comme d’autres têtes de listes parisiennes - ont eu pour but, lors de la constitution des listes, d’évincer au maximum les socialistes de sensibilité ségoléniste. Sans hésiter à sortir de son chapeau des pseudo-ségolénistes, soigneusement choisis en vue du congrès. Procédé détestable, même si de bonne guerre… Et à l’arrivée, la même Anne Hidalgo, si proche de Delanoé, se voit privée d’une victoire possible, tout simplement parce que ce dernier, toujours dans l’optique de ce qui se prépare à la fin de l’année, n’a eu pour préoccupation que d’évincer tous ceux qui pouvaient lui faire de l’ombre: ségolénistes, bien sûr, mais aussi verts et Modem.
Le voilà régnant sans partage, quitte à payer un prix lourd à ce pouvoir qu’il pense être un tremplin à l’ascension d’autres sommets…
Ironie toujours lorsqu’on voit des militants socialistes afficher pour Cécile Renson entre les deux tours.
Ce qui prouve, encore une fois, qu’il n’y a pas qu’à droite que l’on dépasse certaines limites de la morale en politique. C’est pour cela que ce bal des ambitieux, s’il y a une justice, les verra victimes de leurs propres manigances. C’est ce que je souhaite ardemment. Car je suis pour un PS aux pratiques vraiment rénovées.
Fallait-il s’allier avec le Modem ? Oui. Comme Martine Aubry l’a fait, au grand dam de Delanoé… Même si elle l’a fait, elle aussi, pour obtenir une victoire assez grande pour la servir…
Fallait-il coller des affiches pour les colistiers de D’Aboville ? Non.
Je préfère une défaite honorable qu’une victoire indigne.

mathias
Envoyé le 1 avril 2008 à 20:58

Je pense comme Heidi Rançon que Delanoë a sacrifié ces fidèles lieutenantes à ses ambitions au sein du PS et à sa volonté de prendre le parti par la gauche en opposition à Ségolène Royal.

Le prétexte Meyer est un faux problème. Il a même été moins loin dans la polémique de campagne qu’ont pu l’être Denis Baupin ou certains verts et pourtant Delanoë a fait alliance avec eux.

Membre de la liste MODEM dans le 15ème arrondissement, j’ai rencontré régulièrement durant cette campagne des militants socialistes qui étaient favorables à une telle alliance. Tel était aussi l’opinion d’Anne HIdalgo et de Gilles Alayrac avec lesquels j’avais discuté un samedi en fin de campagne rue du Commerce.

Cette alliance aurait permis j’en suis persuadé de faire basculer l’arrondissement ainsi que le 1er, le 5ème et le 17ème.

Elle aurait surtout permis de préparer le nécessaire rapprochement entre le centre et la gauche réformiste dans la recherche d’une alternative à la politique de Sarkozy.

Martine Aubry et Gérard Collomb l’ont compris. Il est dommage que Bertrand Delanoë se soit fermé et n’est même pas accepté la moindre discussion.

Jean-Yves
Envoyé le 2 avril 2008 à 5:56

Vous oubliez messieurs que le centre à Paris et plus particulièrement dans le 15ème est un centre droit.

Pensez vous que les électeurs du Modem, fidèle à François Bayrou auraient voté les yeux fermé pour un candidat socialiste ? Je n’en suis pas sur.

Pour ma part, je dois féliciter Bertrand Delanoë pour une chose: Il a réduit les verts au silence car même avec leur présence ils ne pourront plus imposer leurs vues comme en 2001-2008 et on va enfin pourvoir parler d’environnement

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