Pierre Moscovici était de passage à Dauphine cet après-midi (le site de l’asso organisatrice ici). J’apprends toujours plein de chose à écouter Mosco… sur l’Europe, sur les questions internationales, sur l’Europe aussi… et sur les questions internationales. Par contre, je crois qu’il est un peu à coté de la plaque sur la situation du parti socialiste.
Au moins, aujourd’hui, c’était clair. Le camarade Mosco déposera “probablement” une contribution avec Arnaud Montebourg. Cette déclaration confirme le rapprochement entre Moscovici et les “reconstructeurs”, ce rassemblement un peu fantaisiste d’anciens fabusiens (mais toujours fabusiens… comme Bartolonne), d’anciens strauss-kahniens (mais toujours strauss-kahniens… comme Cambadélis), d’anciens amis d’Arnaud Montebourg (mais toujours amis avec Arnaud Montebourg… comme euh… Arnaud Montebourg ?).

L’intervention d’aujourd’hui confirme mes doutes quant à la cohérence de ce rassemblement : l’ami Mosco a par exemple expliqué qu’il considérait toujours que les gens qui avaient voté non au TCE avaient fait une ânerie (son ami reconstructeur Arnaud Montebourg va être content). Interrogé sur les nombreuses candidatures au poste de premier secrétaire, il a aussi estimé que certaines étaient plus sérieuses que d’autres (mettant, implicitement, du coté des candidatures “pas sérieuses” celle de Bartolone, celle de Marilyse Lebranchu et celle de Martine Aubry). Je sens que leurs AG de motion vont être animées (mais… je n’en serai pas).
Sur le fond, la position de Moscovici commence à être connue : (1) Aucun présidentiable ne s’impose aujourd’hui au PS. (2) La désignation d’un présidentiable au poste de premier secrétaire réveillerait les luttes intestines au PS et empêcherait tout travail de fond. (3) Il convient donc de désigner un secrétaire de transition, un mec un peu insipide qui s’engagerait à ne pas être candidat en 2012… et qui ferait bosser ses petits copains (et puis comme ça, la porte resterait ouverte à des personnalités socialistes qui seraient en ce moment… euh… à l’étranger). (4) Le programme serait alors élaboré par le parti… le candidat désigné avant l’élection… et roule ma poule.
Je trouve cette idée stupide. Pour au moins trois raisons.
D’abord parce que c’est cette démarche qui a conduit le parti à l’échec. Le projet présidentiel du PS pour 2007 a été le résultat d’un consensus tout mou. Fabius réclamant, par exemple, l’instauration d’un SMIC à 1500 euros net tout de suite, DSK trouvant l’idée totalement crétine… Hollande cherchant à satisfaire la chèvre et le chou en disant “1500 euros bruts on ne sait pas trop quand”. Mosco propose, ni plus, ni moins, de reproduire le processus qui a conduit à la défaite.
Ensuite parce que je ne vois pas en quoi cette démarche ferait cesser la guerre des chefs. Les éléphants, voyant le premier secrétaire comme un intérimaire, n’auraient aucune raison de faire taire leurs ambitions présidentielles. Entre Aubry, Bartolone et Moscovici, c’est déjà un joyeux bordel chez les reconstructeurs… je ne crois pas que le généraliser à tout le PS soit une super idée.
Enfin parce que Mosco considère que le travail devra se faire APRES le congrès et que je pense que le PS doit commencer à élaborer des idées dès maintenant. Même si les ateliers de la rénovation ont déjà un peu commencé à défricher le terrain, je persiste à penser qu’un congrès, constitue l’espace idéal pour mener ce type de débat, élaborer des positions communes et trancher sur les questions qui divisent. En soumettant dix questions à la réflexion des militants socialistes, c’est précisément ce que Ségolène Royal est en train de réussir. J’espère juste que les “reconstructeurs”, les amis de Delanoë et la gauche du parti aborderont le congrès de façon aussi sereine et utile. Les français nous regardent.
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Dur, dur la reconstruction.
Ce qui manque en fait aujourd’hui au PS, c’est un chef quasi incontestable comme Mitterrand en son temps et comme sarko à l’UMP, ou Chirac au temps du RPR.
Ségolène n’a pas vraiment convaincu en 2007 et je pense qu’elle aura du mal à le faire pour 2012.
Peut être prendra t-elle le parti après le congrès mais je ne vois pas en elle le chef incontestable pour la plus grande majorité. Delanoë va surfer sur les résultats des municipales mais notre bon vieux pays est-il pret à voter pour lui aux présidentielles…je ne sais pas mais je pense que non. Reste celui qui est parti et qui reviendra et je pense que l’ami mosco prépare ce retour…..
Martine à la tête du PS, elle qui après les 35h est parti en laissant tout le monde en plan pour gérer son bazar, cela me parait impossible - à moins que son père revienne à la politique pour mettre sa fille dans son fauteuil.
Bartolone, le tonton flingueur de Fabius. Effectivement c’est amusant et surtout pas crédible car même s’il a été blanchi, laurent Fabius traine le sang contaminé comme un boulet qui ne se détache pas.
Bref, aujourd’hui je suis content d’être à l’UMP, même si tout n’est pas toujours tout bleu (ou tout rose) au moins on s’évite des maux de tête à répétition.
Courage, Philippe il y a toujours un bout du tunnel
Envoyé le 11 avril 2008 à 8:21
Et si on faisait simple ?
Il nous faut quelqu’un qui incarne le renouveau du PS. J’en connais une qui est dans ce rôle depuis plus de 2 ans.
Il nous faut un leader, si possible, charismatique. Qui a vu, ne serait-ce qu’une fois, Ségolène Royal en campagne, au milieu des militants, ou des non-militants, ne peut qu’être édifié. Il nous faut quelqu’un qui rompe avec les alliances de façade, les calculs, les guéguerres lassantes: qui trace son chemin sans s’attaquer à son propre camp. Un nom s’impose.
Si Mitterrand est resté leader après sa défaite, si Jospin l’est devenu après la sienne, pourquoi refuser le même honneur à ségolène Royal ? Pourquoi, même, tergiverser ? Cela crève les yeux, quand on veut bien se débarrasser des rivalités internes, du procès en incompétence, si dommageable pour tout le monde ?
Une leader s’est dégagée, depuis deux années, avec une netteté qui ne devrait laisser place à aucun doute, tellement c’est limpide. Tous les ingredients sont là. Le lien avec les français, la démarche progressiste, le fil entre les années de victoires et aujourd’hui. L’héritage et l’espoir.
Mon dieu que certains socialistes sont bêtes de refuser cette chance !
Qu’on ne me réponde pas qu’elle n’est pas parfaite. Elle ne l’est pas moins que les leaders d’hier.
Qu’on ne me dise pas qu’elle a perdu l’imperdable, quand elle était, en quelque sorte, la seule à vouloir vraiment la victoire - nous savons, maintenant, que nombre de strausskahniens, notamment du 15ème, ont voté Bayrou au 1er tour.
Je rêve d’un parti où les responsables reconnaitraient enfin la chance que nous avons d’avoir une réelle femme d’état dans nos rangs.
Et en plus, quel bonheur, elle nous donne la parole !
Prenons-là, et avançons avec elle.
Après le commentaire de thierry je ne peux résister à ce copier - coller….je sais que tu compendras Philippe
Les embarras judiciaires
de Ségolène Royal
François-Xavier Bourmaud
11/04/2008 | Mise à jour : 21:37 | Commentaires 4 .
L’ex-candidate à l’Élysée est condamnée à payer plusieurs mois de salaires à deux anciennes collaboratrices.
Faut-il simplifier le Code du travail ? C’est une question qui ne figure pas dans la liste envoyée par Ségolène Royal aux militants du PS pour préparer le congrès du parti, mais que la présidente de Poitou-Charentes aurait pu poser. Au bout de dix ans de procédures, la cour d’appel de Rennes a donné raison à ses deux ex-attachées parlementaires, qui demandaient le versement de plusieurs mois de salaire non payés.
L’affaire commence en 1997 avec la dissolution de l’Assemblée nationale par Jacques Chirac. Ségolène Royal licencie alors ses deux attachées parlementaires et se lance dans sa campagne de réélection. Problème : les deux collaboratrices assurent avoir continué à travailler pour elle, sans être payées, pendant la campagne puis quelques mois après son entrée dans le gouvernement de Lionel Jospin.
Présentée devant le tribunal des prud’hommes de Niort, l’affaire s’est poursuivie à la cour d’appel de Poitiers, qui parle de «situation juridiquement inextricable», a fait un passage par la Cour de cassation à Paris, avant de s’achever cette semaine devant la cour d’appel de Rennes par la condamnation de Ségolène Royal à verser leurs salaires à ses deux ex-collaboratrices. «Si l’affaire avait été aussi simple qu’une question de salaires non versés, il n’y a pas autant de juridictions qui se seraient disputées sur le sujet pendant dix ans», plaide un proche de Royal.
L’une des deux plaignantes, Évelyne Pathouot, assure de son côté que sa démarche n’était «absolument pas une vengeance envers Mme Royal». Actuellement attachée parlementaire de deux députés UMP, elle avait publié l’année dernière un livre relatant sa difficile expérience professionnelle avec Ségolène Royal (lire ci-dessous). «Je suis satisfaite de la décision de justice, mais je tiens à préciser qu’il s’agissait d’une procédure totalement individuelle, indique-t-elle au Figaro. À aucun moment durant ces dix ans de procès je n’ai reçu le soutient d’un parti politique. Je suis malade de voir Frédéric Lefebvre s’emparer de cette affaire.» Porte-parole de l’UMP, ce dernier s’est engouffré dans la brèche. «Avec Ségolène Royal, c’est travailler plus pour gagner rien du tout», a-t-il raillé avant de participer à une conférence de presse de l’UMP sur le sujet (voir encadré).
Un cocktail juridique explosif
Une personnalité politique de premier plan condamnée par la cour d’appel et invoquant la complexité du droit social français, l’affaire a tout du cocktail juridique explosif. Dans l’entourage de Ségolène Royal, on déplore d’ailleurs « la pression terrible» qui s’est manifestée dès les premiers jours du procès aux prud’hommes. Et l’on indique que « même s’il existe encore des recours possibles, Ségolène Royal a décidé par sagesse d’arrêter là».
Le jugement de la cour d’appel de Rennes intervient alors que l’ex-candidate à l’élection présidentielle vient de se lancer à l’assaut du PS. Cette semaine, elle a ouvert un site internet pour préparer le congrès de novembre, qui doit déboucher sur l’élection d’un nouveau premier secrétaire pour remplacer François Hollande.
Le communiqué de JP Mignard sur le sujet :
A propos de la décision de la Cour de Rennes, communiqué de Me Jean Pierre Mignard
Les commentaires sur la décision de la Cour d’Appel de Rennes donnant raison à deux anciennes assistantes parlementaires de Ségolène Royal omettent que les deux personnes concernées ont été payées durant toute la période de la campagne électorale, et au-delà, au titre de leur préavis. Elles ont été réembauchées immédiatement par le suppléant de Ségolène Royal. La Cour a d’ailleurs repoussé fermement leurs demandes astronomiques de dommages et intérêts. La bonne foi de Madame Royal est ainsi reconnue. Voilà pour le préjudice.
La question qui a fait débat était celle de la légalité d’un deuxième salaire et d’un deuxième contrat se superposant au premier. L’imbroglio invraisemblable du statut des assistants parlementaires en période de campagne électorale a contribué à obscurcir un litige systématiquement et publiquement utilisé contre Ségolène Royal depuis 10 ans entravant tout rapprochement des positions. Les ex assistantes n’ont d’ailleurs obtenu en définitive que ce que leur proposait Ségolène Royal un an après la fin de leur mission. Quel moteur derrière cette interminable bataille judiciaire ? Quel objectif recherché ?
Les lacunes du droit, comme l’écrit la Cour d’Appel de Poitiers, ont fait le reste.
Les juridictions pénales ont notamment débouté par deux fois, en des termes particulièrement sévères, les assistantes qui étaient allées jusqu’à porter plainte contre Ségolène Royal. Par deux fois encore les Conseillers des prud’hommes et les magistrats de la Chambre sociale de la Cour d’Appel de Poitiers ont donné raison à l’argumentation de Ségolène Royal. C’est dire la complexité de la question de droit.
Ceci explique pourquoi un langage commun a été impossible à trouver durant tout ce temps. L’une des deux personnes était devenue, il est vrai, assistante d’un parlementaire UMP et a même publié un livre virulent contre Ségolène Royal durant la campagne électorale, amplement relayé sur les sites de l’UMP.
Dix ans après, et pour sortir de ce maquis impénétrable, les juges font supporter à Ségolène Royal les vides du statut des assistants parlementaires. C’est au plus fort d’en faire les frais semblent dire les juges. C’est peut être le seul raisonnement d’équité dans ce qui restera comme l’exploitation politicienne d’une question juridique insoluble.
Envoyé le 16 avril 2008 à 11:51
Moi j’adore Mosco. Je suis d’accord avec tout ce qu’il dit. J’ai bien compris que l’ensemble du PS ne sera sans doute jamais d’accord avec moi.
A noter qu’en matière d’Union Européenne, je crois qu’il maitrise son sujet, en tout cas bien mieux que de nombreux ex-nonistes.
Viva Mosco !
“je suis d’accord avec tout ce qu’il dit” => cher monsieur Millefeuille, je vous avais connu plus critique ![]()
Envoyé le 19 mai 2008 à 16:57
“Il nous faut un leader, si possible, charismatique” écrit Thierry. Qui a vu, ne serait-ce qu’une fois, Ségolène Royal en campagne, au milieu des militants, ou des non-militants, ne peut qu’être édifié : j’ai été édifiée le pire meeting de ma vie ! ce coté madone, cette prhasée pénible, quant au contenu (et c’est quand m^me là le plus important) je n’ai pas de mots, c’est vraiment prendre les gens pour des cons et connes. “Il nous faut quelqu’un qui rompe avec les alliances de façade, les calculs, les guéguerres lassantes”j’aimerais bien mais Madame Royal n’a en cela rien de différent avec les autres elle surfe juste sur un créneau (études d’opinion à l’appui)qui plait en effet. Je n’apprécie pas ce qu’elle fait et dit mais c’est une vraie tacticienne !!! son annonce à la direction du PS en est une nouvelle illustration et elle n’a pas changé (quoi qu’elle veuille nous faire croire, elle a là aussi dans cette posture quelques ressemblances avec un certain Sarkozy). Mitterrand aurait dit qu’après lui n’importe qui pouvait devenir président malheureusement il semble avoir eu raison
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