Polémique à l’hotel de ville aujourd’hui. La décision de Bertrand Delanoë de proposer au conseil de Paris d’attribuer au Dalaï Lama le titre de citoyen d’honneur de la Ville de Paris ne fait pas l’unanimité.

Jean-François Lamour explique, au micro d’Europe 1, que la décision serait motivée par de mauvaises raisons : Delanoë aurait été tout vexé de ne pas voir la flamme olympique s’arrêter sur le parvis de l’hôtel de ville lors de son passage à Paris et ferait une réaction épidermique. Une posture qui permet à l’UMP de se réfugier donc dans une abstention très confortable… en justifiant au nom d’une polémique qui n’a pas lieu d’être, son incapacité à réfléchir. Tout ça me rappelle l’attitude “ni oui ni non méchant Delanoë” caractéristique de l’opposition by Françoise de Panafieu sous la dernière mandature : pas super constructif.
La position de Christophe Girard est quant à elle plus argumentée. L’adjoint à la culture du Maire de Paris ne prendra, lui non plus, pas part au vote. Girard estime que le Dalaï Lama est un réac de premier ordre et le renvoie à ses positions passées sur l’épidémie de SIDA et sur l’homoparentalité. Le Dalaï Lama est un symbole certes… mais c’est aussi un chef religieux pas toujours très progressiste. La position de Girard a au moins le mérite de mettre le doigt sur cette ambiguité.
Et pourtant… il y a quelque chose qui me gène dans l’attitude de Girard. Comme une dissonance.
Christophe Girard ne s’arrête pas au Dalaï Lama. Au nom d’un pragmatisme que je ne lui connaissais pas (voir ici), il évoque la situation chinoise avec beaucoup de recul. “Je condamne toutes les formes de violence et quand les droits de l’homme sont bafoués dans le monde entier, en Chine comme ailleurs… en France aussi quand on fait du chiffre et qu’on expulse un certain nombre de sans-papiers, je condamne aussi” déclarait-il ce midi sur Canal + avant d’expliquer qu’on était “dans une situation mondiale un peu compliquée” et que “tous les chefs d’entreprise rêvent d’aller en Chine depuis 30 ans”. Girard de poursuivre : “alors on nous dit qu’il y a la peine de mort… mais il y a la peine de mort au Japon, il y a la peine de mort aux Etats-Unis.”
Des propos à rapprocher de ceux tenus par José-Louis Durand, le patron du directoire de Carrefour qui se refusait dans le JDD, à émettre tout jugement sur la situation au Tibet arguant que le groupe ne s’impliquait jamais dans les affaires politiques ou religieuses des pays où il est implanté. Durand était quand même “très choqué” des manifestations parisiennes lors du passage de la flamme.
Pour Carrefour, on imagine qu’entre les droits de l’homme et l’intérêt économique, la question a vite été tranchée. Pour Girard, on rappellera qu’en plus d’être adjoint à la culture de Delanoë, il est aussi directeur Stratégie chez LVMH. Conflit d’intérêt ?
Tags: bertrand delanoe, christophe girard, conseil de paris, jean-francois lamour, pekin, tibet
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Envoyé le 21 avril 2008 à 17:54
Ma théorie est la suivante : Mister Girard recherche le coup de pub en ce moment. Son interview dans le JDD, relayée par le monde par exemple (http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/04/21/christophe-girard-veut-l-arret-des-parisiens-sous-l-occupation_1036519_3246.html#ens_id=1033629), en témoigne. Sa demande de mettre un terme à l’expo “Parisiens sous l’occupation” prête à rire. Je suis allé la voir hier et franchement, il faut être de mauvaise foi pour en arriver à une telle conclusion. Les divers avertissements me semblent suffire à mettre en garde le profane. Et puis si l’on considère que cela n’est pas suffisant, plutôt que de fermer l’expo comme un obscurantiste de première, ne pourrait-on pas l’améliorer ?
Enfin tout cela tourne à la mascarade lorsque on entend un tel responsable feindre de ne pas avoir été au courant. A un tel poste : menteur ou incompétent ? En même temps, ça fait beaucoup “directeur de la stratégie de LVMH” et “adjoint à la culture” d’une ville comme Paris.
Conclusion, Mister Girard cherche à se différencier à tout prix ; vraiment, quel stratège !!
Michel Millefeuille
Sur l’expo, ta position rejoint celle défendue par l’exécutif parisien en Conseil de Paris aujourd’hui.
Envoyé le 21 avril 2008 à 22:55
Je rejoins ta position concernant Christophe Girard. Les intérêts de LVMH et la moindre des choses aurait été de se taire.
Je ne remets pas en cause le fait qu’un élu ait un travail à côté mais il convient quand une délibération, un projet a une répercussion sur ses activités professionnelles de ne pas prendre partie.
Je trouve toujours amusant d’entendre des gens expliquer que la France bafoue les droits de l’homme en expulsant des sans papiers. C’est vrai après tout, que la france soit complètement ouverte et mettons aux piloris nos règles d’entrée sur notre sol…..plus besoin de Police aux frontières, plus de consulat, plus de visa !
Plus sérieusement, il semble évident que Mr Girard parle plus en qualité de directeur de la stratégie de LVMH qu’en qualité d’élu parisien.
Pour le reste, j’avoue avoir un avis partagé sur le fait de décerner le titre de citoyen d’honneur au Dalaï Lama. Je ne rentrerai donc pas dans la polémique
Je ne sais pas si la France bafoue les droits de l’homme en expulsant les sans-papiers. Toujours est-il que les conditions de rétention et d’expulsion sont indignes d’un pays comme la France. De même que l’arbitraire des procédures et des objectifs fixés par le ministère de l’immigration et de l’identité nationale.
Envoyé le 22 avril 2008 à 17:45
L’arbitraire des procédures est une belle et fausse excuse.
Nous n’avons jamais vraiment parlé d’immigration dans ce pays en raison d’un climat délétère qui faisait traiter de facho ceux qui osaient vouloir poser le problème et passer ceux qui s’offusquaient pour des gens géniaux.
Oui nos centres de rétention et nos prisons méritent mieux. Oui il faut un traitement au cas par cas des situations et pas des traitements de masse, y compris pour les régularisations car cela ne règle rien bien au contraire.
Enfin, certains sont expulsés avoir eu la possiblité de faire tout les recours possibles et après de long mois et bien souvent, lorsqu’ils se débattent au moment de l’embarquement ils repartent vers le centre - dans ce cas c’est trop souvent la police qui est accusé de mauvais traitement.
Pour avoir assisté dans un avions à cette scène, je peux dire que l’expulsé était dans un état d’excitation tel qu’heureusement qu’il y avait plusieurs policiers pour le ceinturer.
Certains veulent fermer les yeux sur les problème, il faudra pourtant les ouvrir et bien grand pour trouver des solutions. Régulariser sans cesse en masse ne changera rien - 6 mois après tu auras de nouveau des sans papiers qui demanderont une régularisation en masse.
Mais je sais qu’a gauche c’est une sujet que l’on aime pas trop abordé sauf a critiquer Hortefaux, c’est tellement plus simple
400 000 sans papiers en France ? 25 000 expulsions. Pourquoi pas 26 ? 24 ? Pourquoi pas zéro ? Déjà, les objectifs sont arbitraires.
Ensuite, les pratiques varient considérablement d’une préfecture à une autre. Encore de l’arbitraire.
Quant au cas que tu évoques, j’imagine que tu ne connais pas l’histoire de cette personne… moi non plus. Les seules (rares) expériences que j’ai eu avec des personnes en situation irrégulière ont suffit à me convaincre qu’on ne s’exilait jamais par plaisir et que le mythe de l’immigré qui vient profiter des aides sociales françaises, relevait, au mieux du n’importe quoi, au pire d’un énorme mensonge.
Le nouvel obs a publié la semaine dernière des courriers envoyés par des citoyens au ministre de l’immigration et de l’identité nationale (tu vois, je ne fais aucune attaque ad nominem et je ne considère pas que monsieur Hortefeux soit un facho). Ces lettres sont très éclairantes.
Envoyé le 25 avril 2008 à 15:27
Ca va être sympa l’ambiance pour les “gros travaux de rénovation [des] canalisations situées dans le 15ème” pour lesquels vous allez devoir -d’un commun accord antérieur- donner un coup de main. Bonjour la soupe à la grimace, j’imagine le chef de chantier :
“-Non non Jean Yves, n’emmure pas vivant Philippe dans la dalle de béton.
-Philippeuuuu si tu pouvais éviter de viser Jean-Yves avec le marteau piqueur”.
Réponse le 13 mai je crois, date du début des travaux..
Michel.
Je pense que sur cette affaire il y a consensus et que le béton servira à refermer les tranchées.
Je sais qu’il y a une forte pression de toutes parts pour que le chantier se fasse dans les meilleures conditions et surtout que CPCU ne laisse pas un chantier sans ouvriers pendant plusieurs semaines car en la matière c’est un champion toute catégorie.
Mais pour terminer, emmuré dans le béton cela laisse des traces….il y a mieux sur le marché !
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