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	<title>Commentaires sur : Comment les formations en Finance créent chaque année une armée de petit Kerviels</title>
	<link>http://www.philippe-mouricou.com/2008/05/02/comment-les-formations-en-finance-creent-chaque-annee-une-armee-de-petit-kerviels/</link>
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	<pubDate>Thu, 28 Aug 2008 10:50:49 +0000</pubDate>
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		<title>Par : Michel Millefeuille</title>
		<link>http://www.philippe-mouricou.com/2008/05/02/comment-les-formations-en-finance-creent-chaque-annee-une-armee-de-petit-kerviels/#comment-84</link>
		<dc:creator>Michel Millefeuille</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 May 2008 14:37:44 +0000</pubDate>
		<guid>http://www.philippe-mouricou.com/2008/05/02/comment-les-formations-en-finance-creent-chaque-annee-une-armee-de-petit-kerviels/#comment-84</guid>
		<description>Notre société ne comprend pas la finance selon moi, et nous avons là le premier problème auquel il faut s’atteler. On nous présente les marchés financiers comme une organisation incontestablement efficace, puisque répondant à des espèces de lois du marché. « L’activité finance n’est sûrement pas une construction sociale » pourrait-on à la limite s’entendre dire ! Certes les chantres de cette vision désincarnée de la finance acceptent l’idée selon laquelle certains décalages existent, « les crises sont là pour en attester » ajouteraient-ils. Afin des les combler, il est généralement recommandé d’ajouter quelques variables supplémentaires dans les formules, ou bien de verser une pincée de théorie édulcorée des comportements irrationnels (ou comment instrumentaliser la psychologie et la sociologie !). 
A l’opposé de cette vision, je pense qu’il faut s’intéresser au fait que cette activité est encastrée -comme toute activité, au demeurant- dans les pratiques sociales (quoique peut être d’une façon singulière… et c’est d’autant plus intéressant). 

Vous l’aurez compris, c’est de ce côté qu’il faut creuser selon moi: retroussons-nous les manches, et nous, qui ne sommes pas la tête dans le guidon comme c’est le cas des acteurs des marchés financiers, commençons par comprendre ce que ces derniers font d’un point de vue extérieur. Mettons en oeuvre des sciences humaines de la finance en quelque sorte. Pour ce faire, avant de plonger dans le grand bain des salles de marché, il faut certes commencer par apprendre la langue de la finance, et ce n’est pas aisé (d’ailleurs cette caractéristique est déjà intéressante ; les acteurs des marchés et le reste du monde ne peuvent pas communiquer : ils ne parlent pas la même langue !). Comment ce désir –vœux pieu ?- peut-il se concrétiser ? J’en suis au chapitre 4 de la bible de John Hull « Options, futures et autres actifs dérivés » chez Pearson Education. 812 pages (et oui… le travail de moine)  pour commencer ce séjour linguistique au pays de la finance. Pour les débutants, pour un petit « séjour » ne représentant cependant pas une immersion totale, je conseillerais « Comprendre la finance contemporaine », numéro de mars 2008 de Regards Croisés sur l’Economie, excellent état des lieux du domaine. 

Si je devais me risquer à une recommandation pour l’enseignement de la finance:
J’ai passé le week end avec un de ces « ingénieurs financiers » dans les grandes banques. Le problème n’est pas leur manque de connaissance du management. Il est vrai qu’ils ne le connaissent que peu, ce n’est décidément pas leur spécialité. Mais l’organisation et la stratégie telles qu’elles sont enseignées aujourd’hui ne présenteront à mon avis aucun intérêt. Car elles ne proposent que des solutions « ready to use » et souvent illusoires. En d’autres mots, elles proposent leurs propres lois de la stratégie et des organisations ! Rien ne sert d’ajouter des recettes de cuisine à celles que les financiers utilisent déjà, et c’est pratiquement tout ce dont ces disciplines sont capables aujourd’hui (comme la gestion dans son ensemble !). Ce qu’il manque, et là je vais sans doute paraître idéaliste, c’est une capacité de recul faisant davantage appel à l’esprit critique, à l’éthique, à la morale et à la culture générale (devant intégrer des connaissance économiques et organisationnelles mais pas seulement). Bref, en plus d’apprendre aux futurs financiers à « faire », il faut leur apprendre à « penser ». Et pour y arriver, nous ne pourrons à mon avis pas faire l’économie de l’étude approfondie de la finance dont j’ai parlé plus haut.
 Après une étude de la notion d’indépendance comptable, suite au scandale Enron notamment, les chercheurs critiques en audit (minoritaires dans ce champ, évidemment) ne sont-ils pas arrivés à la conclusion qu’il fallait …introduire l’éthique dans les formations des futurs auditeurs?

	

Pour résumer mon propos,  je ne conseillerais pas d’ajouter des formations strat’et orga’ aux formations de finance car je doute de l’impact de ces matières de la façon dont elles sont enseignées aujourd’hui. Que faut-il ? Commencer humblement par essayer de comprendre d’un point de vue micro et méso ce qui se passe sur les marchés. Ce que peu de personnes se sont données la peine de faire (à part Olivier Godechot et son « Essai de sociologie des marchés financiers », ouvrage de référence en France, malgré des données qui commencent à dater). Ensuite seulement nous pourrons avoir l’ambition d’améliorer l’enseignement en finance selon moi.

Au plaisir de vous lire,

Michel

PS : je n’ai pas eu accès à la note de ce Mr Isaac n’étant pas son « friend » sur Facebook.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Notre société ne comprend pas la finance selon moi, et nous avons là le premier problème auquel il faut s’atteler. On nous présente les marchés financiers comme une organisation incontestablement efficace, puisque répondant à des espèces de lois du marché. « L’activité finance n’est sûrement pas une construction sociale » pourrait-on à la limite s’entendre dire ! Certes les chantres de cette vision désincarnée de la finance acceptent l’idée selon laquelle certains décalages existent, « les crises sont là pour en attester » ajouteraient-ils. Afin des les combler, il est généralement recommandé d’ajouter quelques variables supplémentaires dans les formules, ou bien de verser une pincée de théorie édulcorée des comportements irrationnels (ou comment instrumentaliser la psychologie et la sociologie !).<br />
A l’opposé de cette vision, je pense qu’il faut s’intéresser au fait que cette activité est encastrée -comme toute activité, au demeurant- dans les pratiques sociales (quoique peut être d’une façon singulière… et c’est d’autant plus intéressant). </p>
<p>Vous l’aurez compris, c’est de ce côté qu’il faut creuser selon moi: retroussons-nous les manches, et nous, qui ne sommes pas la tête dans le guidon comme c’est le cas des acteurs des marchés financiers, commençons par comprendre ce que ces derniers font d’un point de vue extérieur. Mettons en oeuvre des sciences humaines de la finance en quelque sorte. Pour ce faire, avant de plonger dans le grand bain des salles de marché, il faut certes commencer par apprendre la langue de la finance, et ce n’est pas aisé (d’ailleurs cette caractéristique est déjà intéressante ; les acteurs des marchés et le reste du monde ne peuvent pas communiquer : ils ne parlent pas la même langue !). Comment ce désir –vœux pieu ?- peut-il se concrétiser ? J’en suis au chapitre 4 de la bible de John Hull « Options, futures et autres actifs dérivés » chez Pearson Education. 812 pages (et oui… le travail de moine)  pour commencer ce séjour linguistique au pays de la finance. Pour les débutants, pour un petit « séjour » ne représentant cependant pas une immersion totale, je conseillerais « Comprendre la finance contemporaine », numéro de mars 2008 de Regards Croisés sur l’Economie, excellent état des lieux du domaine. </p>
<p>Si je devais me risquer à une recommandation pour l’enseignement de la finance:<br />
J’ai passé le week end avec un de ces « ingénieurs financiers » dans les grandes banques. Le problème n’est pas leur manque de connaissance du management. Il est vrai qu’ils ne le connaissent que peu, ce n’est décidément pas leur spécialité. Mais l’organisation et la stratégie telles qu’elles sont enseignées aujourd’hui ne présenteront à mon avis aucun intérêt. Car elles ne proposent que des solutions « ready to use » et souvent illusoires. En d’autres mots, elles proposent leurs propres lois de la stratégie et des organisations ! Rien ne sert d’ajouter des recettes de cuisine à celles que les financiers utilisent déjà, et c’est pratiquement tout ce dont ces disciplines sont capables aujourd’hui (comme la gestion dans son ensemble !). Ce qu’il manque, et là je vais sans doute paraître idéaliste, c’est une capacité de recul faisant davantage appel à l’esprit critique, à l’éthique, à la morale et à la culture générale (devant intégrer des connaissance économiques et organisationnelles mais pas seulement). Bref, en plus d’apprendre aux futurs financiers à « faire », il faut leur apprendre à « penser ». Et pour y arriver, nous ne pourrons à mon avis pas faire l’économie de l’étude approfondie de la finance dont j’ai parlé plus haut.<br />
 Après une étude de la notion d’indépendance comptable, suite au scandale Enron notamment, les chercheurs critiques en audit (minoritaires dans ce champ, évidemment) ne sont-ils pas arrivés à la conclusion qu’il fallait …introduire l’éthique dans les formations des futurs auditeurs?</p>
<p>Pour résumer mon propos,  je ne conseillerais pas d’ajouter des formations strat’et orga’ aux formations de finance car je doute de l’impact de ces matières de la façon dont elles sont enseignées aujourd’hui. Que faut-il ? Commencer humblement par essayer de comprendre d’un point de vue micro et méso ce qui se passe sur les marchés. Ce que peu de personnes se sont données la peine de faire (à part Olivier Godechot et son « Essai de sociologie des marchés financiers », ouvrage de référence en France, malgré des données qui commencent à dater). Ensuite seulement nous pourrons avoir l’ambition d’améliorer l’enseignement en finance selon moi.</p>
<p>Au plaisir de vous lire,</p>
<p>Michel</p>
<p>PS : je n’ai pas eu accès à la note de ce Mr Isaac n’étant pas son « friend » sur Facebook.</p>
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		<title>Par : Jean-Yves</title>
		<link>http://www.philippe-mouricou.com/2008/05/02/comment-les-formations-en-finance-creent-chaque-annee-une-armee-de-petit-kerviels/#comment-82</link>
		<dc:creator>Jean-Yves</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 May 2008 06:20:16 +0000</pubDate>
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		<description>Bien sur que la finance est devenue numéro 1 - dans une entreprise, industrielle ou non, le vrai patron c'est le DAF (directeur des affaires financières), celui qui dit non à un projet et dont personne ne peut s'opposer.

Avant il y avait le produit et une entreprise était florissante parce qu'elle avait de bon produit.

Aujourd'hui, on lui demande une rentabilité maximum avec un minimum d'audace et pas de projet couteux. La finance avant tout. Or, la recherche coute cher et sans finance on n'invente plus grand chose - c'est aussi ce qui a fait passer la France à un rang indigne par rapport à nos "cerveaux".

Mais tout cela est aussi un paradoxe français. Nous sommes les champions du licenciement ajustable et des fausses explications, nous sommes les champions de la paroles expliquant que les séniors ne travaillent pas assez mais nous continueons à licencier les plus de 57 ans pour des préretraites sans vraiment que les syndicats "bloquent" le pays pour arrêter cela (c'est vrai que cela n'a rien à voir avec le statut du cheminot)....etc.

Gauche et droite porte à la fois une responsabilité et l'impuissance politique sur ce sujet.

Mais lancer le débat c'est peut être le début d'une réforme.

Mais pour répondre à catherine Marguerite, je dirais que justement ces formations là sont bien en adéquation avec le monde économique....</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bien sur que la finance est devenue numéro 1 - dans une entreprise, industrielle ou non, le vrai patron c&#8217;est le DAF (directeur des affaires financières), celui qui dit non à un projet et dont personne ne peut s&#8217;opposer.</p>
<p>Avant il y avait le produit et une entreprise était florissante parce qu&#8217;elle avait de bon produit.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, on lui demande une rentabilité maximum avec un minimum d&#8217;audace et pas de projet couteux. La finance avant tout. Or, la recherche coute cher et sans finance on n&#8217;invente plus grand chose - c&#8217;est aussi ce qui a fait passer la France à un rang indigne par rapport à nos &#8220;cerveaux&#8221;.</p>
<p>Mais tout cela est aussi un paradoxe français. Nous sommes les champions du licenciement ajustable et des fausses explications, nous sommes les champions de la paroles expliquant que les séniors ne travaillent pas assez mais nous continueons à licencier les plus de 57 ans pour des préretraites sans vraiment que les syndicats &#8220;bloquent&#8221; le pays pour arrêter cela (c&#8217;est vrai que cela n&#8217;a rien à voir avec le statut du cheminot)&#8230;.etc.</p>
<p>Gauche et droite porte à la fois une responsabilité et l&#8217;impuissance politique sur ce sujet.</p>
<p>Mais lancer le débat c&#8217;est peut être le début d&#8217;une réforme.</p>
<p>Mais pour répondre à catherine Marguerite, je dirais que justement ces formations là sont bien en adéquation avec le monde économique&#8230;.</p>
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	<item>
		<title>Par : Catherine MARGUERITTE</title>
		<link>http://www.philippe-mouricou.com/2008/05/02/comment-les-formations-en-finance-creent-chaque-annee-une-armee-de-petit-kerviels/#comment-79</link>
		<dc:creator>Catherine MARGUERITTE</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 May 2008 16:00:25 +0000</pubDate>
		<guid>http://www.philippe-mouricou.com/2008/05/02/comment-les-formations-en-finance-creent-chaque-annee-une-armee-de-petit-kerviels/#comment-79</guid>
		<description>Une analyse qui démontre bien l'inadéquation du système éducatif français. 
L'on ne peut effectivement que s'interroger sur le nombre pléthorique d'écoles de commerce et leurs finalités éducatives  à terme.
 Et si l'on formait vraiment et si l'on réformait vraiment?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Une analyse qui démontre bien l&#8217;inadéquation du système éducatif français.<br />
L&#8217;on ne peut effectivement que s&#8217;interroger sur le nombre pléthorique d&#8217;écoles de commerce et leurs finalités éducatives  à terme.<br />
 Et si l&#8217;on formait vraiment et si l&#8217;on réformait vraiment?</p>
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