nov 20
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Bien vu… les nuages de professions de foi

Ce soir, on vote au PS. Le journaliste Samuel Laurent, sur le blog du Figaro consacré au congrès du PS, se livre à une intéressante analyse des professions de foi. Elle tend à confirmer ce que l’on savait déjà… et à me conforter dans mon vote pour Ségolène Royal au premier secrétariat. Bien vu pour un journal de droite :]

Après l’échec total du congrès de Reims, les trois candidats à la succession de François Hollande ont publié lundi leurs professions de foi en direction des militants. Ces lettres, bien plus courtes que les motions, annoncent ce qu’ils feront s’ils sont élus.

Plutôt que de vous proposer simplement chaque profession de foi, nous avons choisi de piquer sans scrupules une bonne idée à nos estimés confères du monde.fr. Sur leur (très bon) blog, Puzzle Socialiste, ils avaient utilisé pour décrypter les motions l’application Wordle, qui permet de générer des nuages de tags à partir d’un texte. En clair : une représentation graphique dans laquelle plus un mot est utilisé souvent, plus il apparaît grand.

Voilà ce que ça donne pour Benoît Hamon (lire sa profession de foi ici) :

tagshamon.jpg

Sans surprise, c’est le mot « gauche » qui ressort en premier, alors que « socialiste » est minimisé. Autres termes mis en lumière, « reconquête », « politique », « sociale ». Et, bien entendu, « militants ».

Passons à Martine Aubry (sa profession de foi) :

tagsaubry.jpg

La maire de Lille non plus n’emploie pas tellement le terme « socialiste ». Chez elle aussi, « gauche » ressort fortement. Mais, première différence, « parti » est encore plus important. Serait-ce bien l’enjeu de cette élection pour Martine Aubry ? Autre terme très fortement présent, le verbe « vouloir », à la première personne : « veux ». Martine Aubry « veut » visiblement beaucoup, elle est d’ailleurs « engagée », autre terme qui ressort.

Enfin, voyons  la profession de foi de Ségolène Royal :

tagsroyal.jpg

Première différence, « socialiste » et « socialistes » sont nettement plus présents que sur les deux autres nuages. En revanche, « gauche » n’est pas visible. Ensuite, si « parti » est très présent, comme chez Aubry, deux autres mots ressortent nettement : « tous » et « toutes ». Royal veut rassembler, comme on peut le constater également au vu d’autres termes : « ensemble », « populaire »… On notera la présence également d’un vocabulaire plus martial, comme « force » ou « combattre ».

Que nous disent ces tags ? Que Benoît Hamon propose une « reconquête » pour la « gauche », grâce au « parti » et au « projet » politique, là où Martine Aubry « veut »  un « parti » de « gauche », « engagé ». Quant à Ségolène Royal, elle vise à faire « combattre » « ensemble » « tous et toutes » les « socialistes » avec « force ».

En fait, ils nous disent surtout ce qu’on savait déjà sur les positions de chacun des trois protagonistes : Hamon résolument à gauche, Aubry ancrée dans la tradition du parti et du social, Royal en rassembleuse. Intéressant, ce que les mots disent de nous.

EDIT : suite aux commentaires de Benoît, qui remarquait à juste titre que Wordle supprimait les articles de son nuage de tags, voici une autre observation intéressante : le nombre de fois où chaque candidat emploie « je » ou « nous ».

A ce jeu là, Martine Aubry fait très fort : la maire de Lille utilise plus de 20 fois « je » et seulement 5 fois « nous ». Score inverse pour Ségolène Royal, qui emploie 24 « nous » pour 4 fois « je ». La personnalisation n’est pas toujours où on l’attend. Quant à Benoît Hamon, il fait sobre : six fois « nous » et un seul « je ».

Publié par Philippe à 17:18
Mots-clefs :, , , ,
Il y a un commentaire pour cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

1 Commentaire

catherine MARGUERITTE
Envoyé le 21 novembre 2008 à 10:25

Passionnant post. Je suis allée rechercher Benveniste dans ma bibliothèque à cette lecture. Effectivement les mots prennent plus de poids aujourd’hui que la phrase elle-même et illustre parfaitement le génie analytique.
« La phrase, création indéfinie, variété sans limite, est la vie même du langage en action. Nous en concluons qu’avec la phrase on quitte le domaine de la langue comme système de signes, et l’on entre dans un autre univers, celui de la langue comme instrument de communication, dont l’expression est le discours » Émile Benveniste in »problèmes de linguistique générale »

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire