avr 24
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Réunion tuperware avec le préfet de Police à la mairie du 15ème

Libé relate, dans son édition de mardi, la réunion organisée par le maire du 15ème autour du préfet de police. Le regard du journaliste est plutôt critique : une salle visiblement remplie de militants (assez âgés) de l’UMP, une parole monopolisée par le maire et le préfet pendant près d’une heure, l’intervention de notre collègue Gilles Alayrac (conseiller de Paris élu sur la liste Delanoë-Hidalgo) huée… avec la complicité apparente de Philippe Goujon.

Gilles, qui en plus d’être un élu compétent, ne manque pas d’humour, signe un billet d’humeur révélateur des pratiques peu républicaines en vigueur à la mairie du 15ème (le lien ici) : « Nous eûmes d’abord droit à une bonne heure et demie de monologues des autorités (la Préfecture de Police et le Maire du 15ème) très satisfaites du bilan en matière de sécurité, des lois votées. Et si le nom de Michèle Alliot-Marie ne fut pas prononcé plus d’une fois ou deux, celui de Nicolas Sarkozy agrémenta, toutes les deux ou trois minutes, les interventions. »

La suite du billet de Gilles est encore plus révoltante :

Je lève le doigt encore une fois, puis une autre… La situation devient embarrassante. Il faut agir ou partir. Je décide donc de m’adresser à l’animatrice de la soirée et lui fait part de mon souhait de parler.

« Je souhaiterais intervenir ».

Pas de réponse. Et le micro repart vers un monsieur qui n’en peut plus des SDF devant chez lui.

« Madame, j’ai demandé la parole, j’aimerais pouvoir parler ».

Elle ne peut ignorer que je suis un élu, je suis entouré par 20 autres collègues, tous de l’UMP, tous devant, comme moi !

« Pourquoi souhaitez-vous le micro ? »

J’explique alors les conditions dans lesquelles j’ai été convié et mon étonnement face à cette question. Elle ne cille pas.

« Mais que souhaitez-vous dire ? »

Je dois alors calmement expliquer à cette fonctionnaire impartiale que jusqu’à nouvel ordre, je ne donne à personne le contenu de mes interventions et que je n’entends pas le faire ce soir mais que si on ne voulait pas donner la parole à l’opposition dans une réunion « républicaine », qu’elle me le précise…

Pendant ces tentatives, à la tribune, on regarde ailleurs et on reste de marbre, pour ne pas s’apercevoir qu’un élu du 15ème a des choses à dire, peut-être pas tout à fait convergentes avec la pensée unique qui s’exprime ce soir-là.

J’ai donc enfin pu parler.

Naturellement, la tribune et une partie de la salle qui avait déjà follement applaudie l’arrivée du Maire dans la salle puis chacune de ses interventions, n’ont peut-être pas apprécié que quelqu’un rompe le délicieux consensus pour l’entendre dire que les statistiques des actes violents explosent ces dernières années, qu’on peut avoir des appréhensions avec le doublement du nombre de gardes à vue en 20 ans, qu’il faut que la police trouve le ton juste pour dialoguer avec les jeunes et qu’enfin, il ne sert à rien de demander le doublement ou, pourquoi pas, le triplement des caméras dans le 15ème, avant d’avoir évalué si ça avait marché.

Cette même partie de public ne pouvait plus m’entendre quand je demandais au Commissaire de police d’améliorer l’accueil du public et des victimes. Elle était trop occupée à huer celui qui avait osé abordé autrement la question de la sécurité lors de cette réunion de « dialogue républicain »…

Je suis assez tenté de présenter des excuses à Gilles Alayrac pour ces pratiques lamentables qui n’engagent pas les parisiennes et les parisiens. Visiblement, la gestion du 15ème arrondissement par Philippe Goujon n’est ni en phase avec les us et coutumes républicains, ni respectueuse des principes démocratiques les plus élémentaires.

Publié par Philippe à 18:38
Mots-clefs :, ,
Il y a un commentaire pour cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

1 Commentaire

catherine MARGUERITTE
Envoyé le 29 avril 2009 à 9:06

Coucou Philippe! Tu es très réactif en ce moment, j’assistais à cette réunion…. J’en profite pour vous dire combien je suis peinée de ne pas avoir pu assister à la cérémonie de Mémoire, journée de la Déportation – je suis lauréate du Prix de la Résistance et de la Déportation et j’en suis fière.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire