Alors que des caméras de vidéo-surveillance seront prochainement installées dans le 15ème (une séance du conseil d’arrondissement en présence du CICA est prévue à ce sujet à la rentrée), je ne résiste pas à l’idée de publier cette vidéo du génialissime David Letterman extraite du Late Show du 29 juillet dernier.
Letterman y fait allusion à la récente décision de Michael Bloomberg, le maire de New-York, d’installer 8000 caméras dans sa ville. Problème… les caméras sont volées les unes après les autres. Et patatra…
Sur l’ensemble de Paris, ce sont près de 1000 caméras qui devraient être installées. Le 15ème, un des arrondissements les plus sûrs de la capitale (selon les chiffres de la préfecture de police), devrait en compter 86. Pour celles et ceux qui souhaiteraient connaître les emplacements exacts, rendez-vous sur le site du Point.
Je sais qu’il est de bon ton de crier au scandale lorsque des caméras de vidéo-surveillance sont installées. Autant le dire clairement : je ne crois pas que ces équipements constituent une atteinte aux libertés individuelles les plus fondamentales… pour peu qu’on ne fasse pas n’importe quoi. Je suis donc favorable à la mise en place du comité d’éthique demandé par Bertrand Delanoë… en même temps que je suis totalement choqué par les dispositions introduites par loi anti-bandes proposée par Christian Estrosi, votée à l’assemblée et qui devrait passer devant le Sénat à la rentrée. Il ne faudrait pas que les caméras installées à Paris servent d’instrument servant à punir des « intentions délictueuses » supposées (souvenez vous… Minority Report).
Ce qui est certain, c’est que les caméras coûtent cher et que la question de leur efficacité dans la protection des personnes est clairement posée. A Londres, où plus de 10 000 caméras sont déjà en place, il semblerait que le dispositif n’ait pas connu le succès attendu. Un rapport de Scoltand Yard pointe l’inefficacité du maillage (lié pour partie à la surcharge d’informations qu’il occasionne).
Je ne crois pas non plus qu’il soit très utile d’installer des caméras en bas des immeubles pour lutter contre les attroupements nocturnes. On parviendra, au mieux, à les déplacer de quelques mètres. On serait mieux inspirés d’utiliser les caméras pour protéger les sites menacés par un risque terroriste ou dans les rues commerçantes, par exemple en face des établissements susceptibles de se faire braquer (banques, bijouteries, tabacs, etc.)
Enfin, je continue de penser qu’il est totalement démago de remplacer le terme « vidéo surveillance » par celui de « vidéo protection ». D’abord, parce que les caméras n’ont jamais protégé personne : elles ne sont qu’un outil à intégrer dans un dispositif plus large et… pour être totalement transparent… je crois d’avantage à l’efficacité des correspondants de nuit, de la police de proximité et, de façon plus générale, à toutes les initiatives qui sont à échelle humaine. Ensuite, parce que ce n’est pas en changeant de terminologie qu’on parviendra à lever les interrogations légitimes de nos concitoyens.
Voilà qui promet des débats passionnants à la rentrée. Bon été à toutes et à tous.
Mots-clefs :15ème, caméras, david letterman, délinquance, new-york, Paris, sécurité, vidéo-surveillance
Il y a 2 commentaires pour cet article
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Envoyé le 7 août 2009 à 12:31
Ah, je vois que la gauche est toujours aussi naïve et angélique. Les caméras sont nécessaires. Si on avait eu des caméras à Dupleix, on aurait peut-être pu éviter le drame de l’année dernière et retrouver les coupables.
Avec des si…
Pour info, la personne qui a porté le coup de couteau à l’origine de la mort de Demba Touré en décembre dernier à Dupleix a été interpellée moins de dix minutes après le drame (et sans caméras).
L’instrumentalisais de cet évènement dramatique est donc totalement inappropriée (et j’ajouterais même, indécente).
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