jan 16
Facebook
Facebook
Wikio
Technorati

Vincent Peillon a eu 100 fois raison

Sacré buzz médiatique que cette affaire entre Arlette Chabot et Vincent Peillon. Invité à jouer les vedettes américaines après le match annoncé entre « Freddy les griffes de la nuit » Besson et Marine « Godzilla » Le Pen, le socialiste Vincent Peillon a finalement décidé de décliner l’invitation. Histoire de lancer le débat, il s’est un peu assis sur les us-et-coutumes du petit monde médiatico-politique qui veulent que lorsqu’un responsable politique se désiste, il prévienne à l’avance le média afin que ce dernier puisse trouver un invité de substitution.

Autant le dire tout de suite : Vincent Peillon a eu 100 fois raisons de ne pas participer à cette foire anti-républicaine organisée (c’est un comble) par une chaîne du service public avec l’argent du contribuable. Et tant qu’à être clair jusqu’au bout : la méthode était la bonne, la seule susceptible de poser la question du bien fondé de cette mise en scène d’un ministre exploitant jusqu’au bout les instincts les plus vils d’une partie de nos concitoyens.

Sur le fond : Le débat associant identité nationale et immigration est un vrai scandale. C’est le prolongement direct d’une politique inhumaine d’expulsion quasi-systématique des étrangers sans-papiers, d’une pratique politique consistant à stigmatiser une partie de la population française pour exister politiquement et médiatiquement, de propos lamentables tenus par Nicolas Sarkozy lors de la campagne de 2007 qui avait expliqué devant des millions de téléspectateurs sur TF1 que quand on était français, « on ne pratiquait pas l’excision et on n’égorgeait pas de moutons dans sa baignoire ».

Ce débat nauséabond, instrumentalisé par l’UMP pour des motifs électoraux est pourtant rejeté par l’ensemble de l’opposition républicaine et même par trois anciens chefs de gouvernements de droite. Les français le jugent au mieux inutile, au pire dangereux. Les ministres du gouvernement désertent les débats organisés dans les préfectures durant lesquels ils sont systématiquement poussés à la faute par des militants du FN survoltés. Chez une grande partie de nos concitoyens : l’impression que ce débat a définitivement fait passer à la trappe notre idéal républicain de liberté, d’égalité et de fraternité.

Que la première chaine du service public, dans la principale émission politique de prime time, décide de remettre en scelle le ministre qui a provoqué ce chaos, qu’elle présente un portrait cire-pompe que même Michel Drucker n’aurait pas osé diffuser, qu’elle organise une confrontation-spectacle légitimant l’amalgame facile entre immigration et perte de l’identité nationale… tout ces éléments sont déjà scandaleux.

Que la première chaine du service public décide de mettre sur la touche l’opposition républicaine en reléguant l’unique représentant invité à la fin de l’émission (cinq minutes à la fin de l’émission, une fois que les téléspectateurs ont été se coucher) et qu’elle tease son émission autour du match « Besson – Le Pen : qui sera le plus fascho ? »… et le scandale devient un vrai foutage de gueule.

Sur la forme : L’attitude de Vincent Peillon refusant de jouer le rôle de la caution républicaine dans cette mascarade était donc la meilleure. Monsieur Apathie peut continuer à crier au scandale (peut-être a-t-il encore reçu un SMS de Matignon ou de l’Elysée…) : tout ça n’est pas très important. L’égo froissé de Madame Chabot représente bien peu de choses par rapport à la dérive anti-républicaine qu’a pris la chaîne jeudi soir.

Publié par Philippe à 16:45
Mots-clefs :, , , , , ,
Il y a 4 commentaires pour cet article
Vous pouvez suivre les commentaires reçus pour cet article grâce au fil RSS 2.0

4 Commentaires

Villeneuve
Envoyé le 16 janvier 2010 à 19:52

Ça, c’est la COM institutionnelle du PS pour sauver les meubles. Le PS souffre d’une maladie incurable « le sabordage ».
Demander la tête d’Arlette Chabot, il faut oser…
Voir les avis de Manuel Vals et Pierre Moscovici..
Sarko vous dit une nouvelle fois MERCI.
Consternant, lamentable.

Juju
Envoyé le 16 janvier 2010 à 20:29

Peut être que Valls et Mosco auraient bien voulu y être à la place de Peillon. J’imagine bien les contributions de Valls sur l’identité nationale « On ne voit plus assez de whites et de blankos Madame Chabot ! »

S’il y en à qui Sarko peut dire merci (et taper la bise), c’est bien Arlette Chabot pour cette mise en scène de la propagande identitaire et nationaliste. D’accord avec l’auteur de ce blog : Peillon a eu raison.

catherine MARGUERITTE
Envoyé le 20 janvier 2010 à 16:58

Bon ça s’arrange pas….Hé hé, tu sais il y a un groupe de défense d’Arlette Chabot qui s’est crée sur Facebook.

Rendez nous la Mère Denis! :-)

Jean-Yves
Envoyé le 25 janvier 2010 à 9:34

Un document filmé montre que Peillon pensait déjà ne pas participer à cette émission à la mi-décembre lors d’un voyage en TGV avec Marielle de Sarnez….et après tu veux nous faire croire que ce n’est pas un coup monté ?

Qu’il ne souhaite pas participé à un débat, c’est son droit mais le faire en instrumentalisant cela c’est pas très correct pour un homme qui se voit déjà en représentant dela gauche dans les années à venir.

Et puis le Haro sur le pouvoir qui donne des ordres aux journalistes, cela suffit – tu ne vas pas nous la jouer à la Marianne qui au départ avait une ligne éditoriale interressante mais depuis tourne à l’anti-sarko au niveau zéro du journalisme.

Mais c’est vrai j’oubliai, nous sommes en campagne

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire