jan 25
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Valérie Pecresse et le logement social… un commentaire

Il y avait quelque chose d’un peu surréaliste à voir, samedi dernier sur le plateau de Laurent Ruquier, Valérie Pecresse défendre le logement social (la vidéo ici).

Personnellement, j’aurais plutôt tendance à me réjouir de cette prise de position. J’ai plutôt l’habitude de voir les élus locaux de droite d’Île-de-France refuser d’appliquer la loi SRU (qui leur impose 20% de logements sociaux) et préférer payer une amende.

Le problème, c’est que les déclarations de Valérie Pecresse en matière de logement social me semblent d’avantage relever de l’imposture de campagne que d’un réel engagement en faveur de la mixité sociale. Les contre-vérités sont assez nombreuses… suffisamment en tous les cas pour justifier un long commentaire de ma part.

Le bilan de Jean-Paul Huchon en matière de logement social est plus que positif

A Paris, la mairie dirigée par Bertrand Delanoë a décidé de mettre le paquet sur le logement social avec 40 000 logements sociaux prévus pour cette mandature. Dans cet effort sans précédent, la Région a toujours été un partenaire efficace. Entre 2004 et 2010, elle a contribué au financement de plus de 100 logements sociaux par jour en Île-de-France.

Même si beaucoup reste à faire, je considère donc que le bilan de Jean-Paul Huchon est largement positif (n’en déplaise à Madame Pecresse). J’espère donc que Chonchon sera réélu pour qu’il puisse continuer à nous accompagner dans la politique de mixité sociale que nous mettons en œuvre à Paris. Compte tenu de la faiblesse de la participation de l’Etat, l’aide de la Région nous est plus que jamais indispensable.

Avec la droite, la Région ne construira pas un seul logement social

Le logement social ne fait pas partie des compétences de base de la Région. Dans ces conditions, l’effort financier consenti par la Région est vraiment appréciable.

Ce qui permet à la Région d’accompagner la ville de Paris dans sa politique de mixité sociale, c’est une disposition un peu technique : la clause de compétence générale. C’est par cette clause que la Région a le droit d’intervenir dans des domaines d’intérêt régional même s’ils ne s’inscrivent pas dans ses prérogatives principales (les Lycées, les transports, etc.)

La réforme des collectivités locales défendue par l’UMP et par Madame Pecresse prévoit supprimer cette disposition. Si ce projet est adopté, la Région sera donc dans l’illégalité lorsqu’elle financera du logement social.

Pour Valérie Pecresse, soutenir la réforme des collectivités locales et promettre de faire du logement social relève donc du super-foutage-de-gueule.

La droite n’aime pas la mixité sociale

Il y a une formule qui m’a fait particulièrement tiquer dans le programme de l’UMP. Il s’agit de celle où madame Pecresse explique défendre la « vraie » mixité sociale. J’avoue n’avoir pas tout de suite vu de quoi il s’agissait (comme si la gauche défendait la « fausse » mixité sociale). J’ai n’ai compris la signification de cette expression qu’en regardant Madame Pecresse sur France 2 lorsqu’elle a expliqué vouloir faire du logement intermédiaire pour les classes moyennes.

Le terme « logement intermédiaire » désigne en réalité un type de logement réservé aux catégories socio-professionnelles favorisées (le PLI). Pour un célibataire à Paris, le plafond PLI est fixé à un peu plus de 3200 euros nets mensuels. A toutes fins utiles, je précise que 80% des salariés français gagnent moins de 2300 euros nets.

La clientèle visée par Valérie Pecresse concerne donc les revenus relativement hauts. Quand on est célibataire et qu’on gagne 3200 euros nets par mois, on peut largement se loger dans le privé en louant un deux pièces ou en faisant l’acquisition d’un bien immobilier.

On ne peut pas produire du logement social uniquement en faisant des constructions neuves

La dernière arnaque de Valérie Pecresse en matière de logement social concerne le mode de production retenu. A Paris, environ un tiers des logements sociaux qui sont financés par la Région et par la ville sont des constructions neuves. Les terrains libres étant rarissimes, la majorité des logements sociaux sont produits par acquisition-conventionnement (la ville rachète des immeubles souvent vendus à la découpe ce qui permet aux locataires de rester dans les lieux) ou par réhabilitation lourde (on retape des immeubles insalubres ou des chambres de bonnes pour en faire des logements habitables).

Madame Pecresse souhaiterait nous faire croire qu’il y aurait un bon moyen de faire du logement social (la construction) et deux mauvais moyens (l’acquisition et les réhabilitations). Ces dispositifs sont en réalité complémentaires.

D’abord parce que, comme je l’ai dit, on ne pourrait pas produire beaucoup de logements sociaux si on devait se limiter aux constructions nouvelles (vu qu’il y a peu de terrains libres à Paris). Privilégier exclusivement les constructions neuves, ça voudrait dire réserver Paris aux plus privilégiés en reléguant les logements sociaux en banlieue lointaine (là où il y a des terrains disponibles). Les acquisitions et les réhabilitations sont donc un vrai instrument au service de la mixité sociale.

Ensuite parce que les acquisitions et les réhabilitations permettent globalement d’améliorer la qualité des logements et leur isolation. Gagnant sur toute la ligne : meilleure sera l’isolation, moins les habitants auront à payer en chauffage l’hiver, et moins on rejettera de CO2.

Publié par Philippe à 23:31
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1 Commentaire

[...] This post was mentioned on Twitter by Vesna Gerintes and Philippe Mouricou, DARIO Dominique. DARIO Dominique said: Lu sur le blog de @pmouricou http://www.philippe-mouricou.com/2010/01/25/pecresse-logement-social-id/ [...]

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