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	<title>Philippe Mouricou - Blog d'un élu PS du 15ème arrondissement &#187; Université</title>
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		<title>Logement étudiant, les promesses non tenues de Valérie Pecresse</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2009 08:53:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion du conseil d&#8217;arrondissement de lundi, je suis revenu sur la situation en matière de logement étudiant. Les habitants du 15ème noteront, au passage, que 175 logements pour les étudiants vont être livrés fin 2011 rue de Vaugirard. Cette opération n&#8217;aurait pas été possible dans l&#8217;effort financier colossal de la Ville de Paris et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion du conseil d&#8217;arrondissement de lundi, je suis revenu sur la situation en matière de logement étudiant. Les habitants du 15ème noteront, au passage, que 175 logements pour les étudiants vont être livrés fin 2011 rue de Vaugirard. Cette opération n&#8217;aurait pas été possible dans l&#8217;effort financier colossal de la Ville de Paris et de la Region Île-de-France. Voici le texte que j&#8217;avais initialement prévu pour mon intervention.</p>
<blockquote><p>Quelques commentaires sur ce projet de délibération qui est un beau projet. Il s’agit vous le savez d’une résidence étudiante de 175 logements qui sera située rue de Vaugirard. Essentiellement des studios, dont une vingtaine de logements accessibles aux personnes en situation de handicap. Il y aura également deux commerces. Avec un début des travaux de construction prévu au mois de juin 2010 et une livraison en décembre 2011.</p>
<p>C’est une très belle opération car vous le savez, le logement pour les étudiants est une question très difficile. Il y a en France plus de 2 millions d’étudiants. Seuls 7% d’entre eux ont la chance de pouvoir bénéficier d’un logement en résidence universitaire. Les autres doivent habiter chez leurs parents, avec les problèmes d’autonomie que vous pouvez imaginer, dans des logements privés ce qui se traduit par un effort financier colossal, ou trouver des solutions plus précaires… ce qui inacceptable.</p>
<p>L’effort de l’Etat en la matière est insuffisant, très insuffisant. Valérie Pecresse nous a récemment annoncé qu’il fallait « Libérer Tanguy »… je peux vous dire qu’avec seulement 3500 constructions de logements étudiants cette années sur toute la France, ce n’est pas grâce à elle que nous allons pouvoir y arriver. Il faut savoir que ce chiffre est très en deçà des engagements pris par l’Etat (5000 logements étudiants chaque année).</p>
<p>Dans ce contexte, les 175 logements dont il est question aujourd’hui sont évidemment bienvenus. J’ai dit que c’était une très belle opération… c’est une opération qui a un coût. Pratiquement 16 millions d’euros pris en charge pour un peu plus de la moitié par les pouvoirs publics. Encore une fois, on ne peut qu’être frappés par le désengagement de l’Etat à l’égard des étudiants. Loin des effets d’annonce de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, la réalité est là. L’Etat contribue à auteur de 309 000 euros là où la région apporte 1 330 000 euros et la ville de Paris &#8211; un effort très important de la ville de Paris &#8211; avec 6 650 000 euros. Les collectivités locales d’Île de France, gérées par Jean-Paul Huchon pour la Région et Bertrand Delanoë pour la ville apportent, c’est un fait, 20 fois plus que l’Etat dans le financement de cette opération.</p>
<p>C’est vraiment symptomatique d’une situation dans laquelle l’Etat, et le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, n’ont pas pris la mesure des difficultés que rencontrées par l’université et par les étudiants. Madame Pecresse a, de ce point de vue, été une très mauvais ministre avec une réforme de l’Université menée de façon dogmatique, sans concertation avec les étudiants, sans concertation avec les enseignants chercheurs et qui se traduit par un démantèlement progressif du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Je passe sur le plan Campus de la ministre est sous-dimensionné. Sous la dernière mandature, il faut savoir que la ville de Paris a consacré un budget plus important que l’Etat pour rénover les universités parisiennes.</p>
<p>Face au mépris affiché par l’Etat et par madame Pecresse à l’égard du monde universitaire et des étudiants nous continuerons, nous collectivités locales d’Ile de France, à prendre nos responsabilités. Nous l’avons fait sous les dernières mandatures. Nous continuerons à le faire avec Bertrand Delanoë à Paris et avec Jean-Paul Huchon à la Région Ile-de-France dans les prochaines années.</p></blockquote>
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		<title>Discours de Nicolas Sarkozy sur la recherche : consternation</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 22:57:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans l'actu]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est le discours qui a mis le feu aux universités et instituts de recherche. Le 22 janvier dernier, Nicolas Sarkozy réunissait présidents d&#8217;universités, de grandes écoles et d&#8217;instituts de recherche pour lancer une &#171;&#160;réflexion sur la politique nationale de recherche&#160;&#187;.
Ce jour là, le Président était probablement de sale humeur. Suffisance, méconnaissance du monde de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est le discours qui a mis le feu aux universités et instituts de recherche. Le 22 janvier dernier, Nicolas Sarkozy réunissait présidents d&#8217;universités, de grandes écoles et d&#8217;instituts de recherche pour lancer une &laquo;&nbsp;réflexion sur la politique nationale de recherche&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce jour là, le Président était probablement de sale humeur. Suffisance, méconnaissance du monde de la recherche, mauvaise foi, malhonnêteté intellectuelle. Tout ça dans le même discours et dans un langage digne du bistrot d&#8217;en face. <a href="http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&amp;cat_id=7&amp;press_id=2259&amp;lang=fr" target="_self">Le lien ici</a>. Pas vraiment digne de la fonction présidentielle, pas vraiment digne des enjeux liés à la recherche et à l&#8217;innovation dans notre pays.</p>
<p>Cible des attaques du Président ? Le CNRS, décrit comme un repère de dangereux conservateurs gauchistes parce que comme le dit le président, des conservateurs, on en trouve <em>&laquo;&nbsp;à droite en nombre certain et à gauche en nombre innombrable&nbsp;&raquo;</em> avant d&#8217;ajouter pour ceux à qui le mot d&#8217;esprit aurait échappé : <em>&laquo;&nbsp;Je dis innombrables à gauche car ils sont plus nombreux&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Que reproche le président au CNRS ? D&#8217;abord d&#8217;être responsable d&#8217;un décrochage de la France en matière de recherche. Le CNRS est pourtant au premier rang européen, au 4ème rang mondial. La France se classe au 5ème rang mondial en termes de publications et au 7e rang mondial dans le très controversé classement de Shanghai. Pas si mal quand on sait qu&#8217;avec 2,12% de son PIB consacré à l&#8217;investissement en recherche et développement (chiffre 2006), la France se classe au 14ème rang mondial, loin derrière le Japon, l&#8217;Allemagne ou les Etats-Unis. Si on ne tient compte que de la recherche académique, c&#8217;est pire : 16ème rang mondial. Lorsqu&#8217;on s&#8217;intéresse à la dépense annuelle moyenne par étudiant, on comprend l&#8217;ampleur de la catastrophe &#8211; 16ème rang mondial, avec 10 089 euros (OCDE, 2007) &#8211; les étudiants des universités étant, de très loin, les plus mal lotis avec 7210 euros par an et par étudiant (à peu près autant que pour un élève de collège). Pas étonnant qu&#8217;avec ça, l&#8217;Université soit devenue une zone de relégation pour des étudiants exclus de filières plus sélectives.</p>
<p>Que reproche Nicolas Sarkozy à la recherche ? Des évaluations qui seraient consanguines. C&#8217;est vrai que les évaluations des chercheurs sont faites&#8230; par des chercheurs. Ce processus est d&#8217;ailleurs assez semblable à ce qui se pratique dans le monde et dans toutes les plus grandes revues scientifiques où chaque article est évalué, après avoir été anonymé, par deux ou trois évaluateurs (eux aussi anonymes et eux aussi chercheurs dans le domaine). Je mets au défi Monsieur Sarkozy de lire et de comprendre une publication scientifique en Physique nucléaire ou en Théorie des jeux, il comprendra pourquoi ce sont souvent des spécialistes du domaine qui sont chargés de l&#8217;évaluation.</p>
<p>L&#8217;autre problème de la recherche selon Sarkozy ? La multiplication des &laquo;&nbsp;structures microscopiques qui diluent les moyens&nbsp;&raquo;. Sur ce point, le président fait un bon diagnostic&#8230; mais devrait aller chercher du coté des reformes entreprises par les gouvernements (de droite) qui se sont succédés depuis 2004 pour cerner les causes du problème.</p>
<p>Quelles solutions ?</p>
<p>D&#8217;abord, un prétendu effort exceptionnel qui mettrait la recherche au cœur du plan de relance. 2,5% du plan est effectivement lié à la recherche (dont 2% à la rénovation des bâtiments&#8230; ce qui était en fait déjà prévu dans le plan Campus de Valérie Pecresse). A ce niveau là, on appelle ça du foutage de gueule (mode &laquo;&nbsp;bistro d&#8217;en face&nbsp;&raquo;, de manière à me faire comprendre du Président).</p>
<p>Ensuite, une autonomie accrue des universités. Rien de nouveau, ça fait un bail que les universités sont autonomes. Ce qui est nouveau en revanche, c&#8217;est la concentration des pouvoirs, de tous les pouvoirs, entre les mains d&#8217;un seul acteur : le Président de l&#8217;Université. On se demande où Nicolas Sarkozy a pu aller chercher l&#8217;idée de créer des hyperprésidents pour les universités.</p>
<p>Le renforcement de la fonction de Président d&#8217;Université pourrait être une bonne chose, s&#8217;il s&#8217;agissait de permettre aux présidents de définir une vraie stratégie d&#8217;établissement. Au lieu de ça, on crée, dans un esprit très bonapartiste, des despotes locaux sans véritables contre-pouvoirs et en charge de toute la gestion courante des Universités.</p>
<p>La référence à l&#8217;entreprise privée sert souvent à Monsieur Sarkozy d&#8217;ultime argument&#8230; poussons donc l&#8217;argument jusqu&#8217;au bout : je ne connais pas une seule entreprise privée performante à l&#8217;intérieure de laquelle le PDG se chargerait lui-même de tous les recrutements, de l&#8217;évaluation du personnel, de la gestion des carrières, et de la définition des services de chacun de ses employés. Outre l&#8217;arbitraire qui pourrait caractériser un tel système, il s&#8217;agirait d&#8217;une source d&#8217;inefficacité assez effrayante&#8230; et d&#8217;une gestion patriarcale ringarde et infantilisante. Une gestion Sarkozyste en fait&#8230;</p>
<p>Dernier point au coeur de la colère des enseignant-chercheurs, la réforme de leur statut. Voici les faits : chaque année, un enseignant chercheur doit réaliser 192 heures de cours (un peu moins s&#8217;il s&#8217;agit de cours magistraux en amphi). Dit comme ça, ça semble peu. 6 à 9 heures de cours hebdomadaires par semestre. Dans les fait, le chiffre ne donne qu&#8217;une vision tronquée des missions d&#8217;un enseignant-chercheur : outre la préparation des cours, des examens et la correction des copies (pas une mince affaire), il y a les charges administratives (gestion de diplômes, sélection des étudiants, direction d&#8217;un laboratoire, etc.) et surtout, l&#8217;activité de recherche. Problème du système français, les enseignant-chercheurs sont essentiellement évalués sur leur activité de recherche. Pour prendre en grade, il est plus payant d&#8217;investir du temps sur la recherche&#8230; quitte à faire des cours médiocres. Totalement contre-productif.</p>
<p>La fausse bonne idée de Valérie Pecresse, c&#8217;est de permettre aux présidents d&#8217;université de diminuer la charge de cours pour certains de leurs collègues (ceux qui auraient besoin de temps pour la recherche) et de l&#8217;augmenter pour certains autres&#8230; qui du coup ne pourraient plus évoluer dans leur carrière. Une sorte de conception punitive de l&#8217;enseignement, qui accentuerait les travers du système actuel. Qu&#8217;on module les services, pourquoi pas&#8230; encore faut-il redéfinir, au préalable, les missions des enseignant-chercheurs.</p>
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		<title>Comment toujours réinventer la roue avec Martine Aubry</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 00:14:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<category><![CDATA[allocation d'autonomie]]></category>
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		<description><![CDATA[Un ami à moi m&#8217;a expliqué avoir signé le texte présenté par Martine Aubry. Comme le garçon est intelligent, ce coming-out aubryste m&#8217;a plongé dans un abîme de perplexité. J&#8217;ai donc lu le texte de Martine Aubry&#8230;
D&#8217;abord, j&#8217;ai été très étonné. Je me souviens que titine était très virulente contre la personnalisation du PS&#8230; et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un ami à moi m&#8217;a expliqué avoir signé le texte présenté par Martine Aubry. Comme le garçon est intelligent, ce coming-out aubryste m&#8217;a plongé dans un abîme de perplexité. J&#8217;ai donc lu le texte de Martine Aubry&#8230;</p>
<p>D&#8217;abord, j&#8217;ai été très étonné. Je me souviens que titine était très virulente contre la personnalisation du PS&#8230; et hop, voilà qu&#8217;elle nous sort un site qui s&#8217;appelle <a href="http://www.martineaubry.fr/" target="_blank">martineaubry.fr</a>. Et puis elle avait expliqué que les symboles ça comptait pour railler l&#8217;utilisation de la couleur bleue par la candidate Ségolène Royal. Et hop, voilà qu&#8217;elle nous sort un bandeau tout bleu. Bon d&#8217;accord ce n&#8217;est que de la forme.</p>
<p>Je ne dirai pas de mal de la contribution de Martine Aubry. Je ne dirai pas de mal, non plus, de Martine Aubry. Je ne dirai de mal d&#8217;aucun de mes camarades socialistes (<a href="http://afp.google.com/article/ALeqM5iF18O1a9ekb3dbxpMN8fbCO8AnRw" target="_blank">à l&#8217;exception peut-être de Jack Lang et de Philippe Martin mais peut-être que je suis en train de réagir sous le coup de l&#8217;énervement&#8230; mince, je digresse encore</a>).</p>
<p>La contribution de Martine est plutôt mieux écrite que la moyenne, je passe sur l&#8217;introduction un peu tarte à la crème sur la France qui va mal (on retrouve la même dans de nombreuses contributions). Je passe aussi sur la présence dans le texte de marqueurs utilisés par Ségolène Royal (l&#8217;idée d&#8217;une réconcilliation du collectif et de l&#8217;individuel, d&#8217;une forme de donnant-donnant, etc.) : plus les idées de Ségolène pourront se diffuser au sein du PS, mieux ce sera. Je pense que tout procès en contrefaçon serait hum&#8230; décalé ?</p>
<p>A la différence de certains autres textes (au premier rang desquels je place ceux de Benoit Hamon et Jean-Luc Mélanchon), j&#8217;ai même l&#8217;impression que la contribution Aubry pourrait permettre qu&#8217;un débat intéressant s&#8217;engage au sein du parti socialiste. Ce serait le cas si le texte ne se contentait pas, à de nombreuses reprises, de reformuler des idées déjà émises par d&#8217;autres dans une version moins aboutie.  Ce n&#8217;est pas une critique aux auteurs du texte en particulier : c&#8217;est un problème endémique au PS. Cette désagréable tendance à toujours réinventer la roue. Cette insupportable façon de ne jamais rien acter, d&#8217;être incapable de capitaliser sur nos expériences communes.</p>
<p>Un exemple. Martine propose de créer une sorte de crédit-études à destination des jeunes. Hop, je cite la contribution Aubry (<a href="http://maximepisano.wordpress.com/2008/07/07/les-contributions-a-lepreuve-1/" target="_blank">citée elle même par le blogueur Maxime Pisano</a>) :</p>
<blockquote><p>Chaque jeune aurait droit à un crédit-études utilisable pour financer des études supérieures ou plus tard pour une reprise d’études. Le crédit-études pourrait servir à couvrir les frais d’inscription, les dépenses courantes et les dépenses de logement sur critères sociaux. Il pourra être financé en partie par le recyclage de certaines aides publiques existantes auxquelles il a vocation à se substituer (parts fiscales, aides au logement, bourses,…). Son montant, sa durée et ses modalités seront à débattre avec les partenaires sociaux de la formation et de la vie étudiante. Nous voulons faire du crédit-études un outil d’autonomie mais aussi de justice sociale.</p>
<p>Ce droit sera accompagné du devoir de suivre ses études de manière assidue, et d’accomplir des heures d’intérêt général (aide aux devoirs, accompagnement de personnes âgées, action humanitaire….).</p></blockquote>
<p>On comprend la logique, celle d&#8217;une individualisation des dispositifs d&#8217;aides publiques. C&#8217;est l&#8217;esprit du Droit individuel à la formation, c&#8217;est l&#8217;esprit du compte individuel de cotisations retraite proposé <a href="http://congresutileetserein.com/files/Combattre_et_proposer_contribution_segolene_royal.pdf" target="_blank">dans notre contribution</a>, c&#8217;est l&#8217;esprit de toutes les mesures s&#8217;inscrivant dans la logique de flexi-sécurité : rattacher les aides aux individus plutôt qu&#8217;aux situations pour s&#8217;adapter à des parcours personnels et professionnels moins linéaires qu&#8217;auparavant.</p>
<p>Un dispositif très proche avait été proposé par Ségolène Royal dans son pacte présidentiel. Il s&#8217;agissait de l&#8217;allocation d&#8217;autonomie. Même diagnostic : les aides actuelles ne permettent pas vraiment aux étudiants bénéficiaires de suivre des études dans de bonnes conditions car ils doivent bien souvent travailler à coté. Même idée d&#8217;individualisation, même idée de donnant-donnant, même idée de transférabilité. Même philosophie, aussi : permettre à chaque étudiant de vivre la vie qu&#8217;il a envie de mener. La mesure n&#8217;était d&#8217;ailleurs pas une idée DE Ségolène. Elle avait longtemps été défendue par les associations étudiantes&#8230; surtout par l&#8217;UNEF pour tout dire.</p>
<p>Sur ce point, la contribution Aubry n&#8217;apporte pas grand chose. Et c&#8217;est dommage. Je me souviens que durant la campagne présidentielle, le vrai débat ne concernait pas le dispositif en lui-même mais ses modalités de mise en oeuvre.  La question était de savoir s&#8217;il fallait introduire une condition de ressources.</p>
<p>En bonne logique de flexi-sécurité, la réponse aurait dû être non. Sauf que, sans condition de ressources, et même en recyclant les dispositifs actuels (bourses du CROUS mais surtout, parts fiscales), cette allocation d&#8217;autonomie aurait coûté à la collectivité 14 milliards d&#8217;euros (par an). Un coût comparable aux 15 milliards d&#8217;euros du paquet fiscal qui aurait, certes, eu l&#8217;avantage de constituer un investissement dans l&#8217;avenir&#8230; mais un coût élevé qui aurait limité nos marges de manœuvres dans d&#8217;autres domaines (le RSA, la refonte de la formation professionnelle, l&#8217;effort sans précédent dans la recherche et l&#8217;innovation, etc.)</p>
<p>Avec l&#8217;introduction d&#8217;une condition de ressources, c&#8217;était moins cher : 4 milliards d&#8217;euros. La candidate avait donc tranché. Considérant que la famille était une entité économique à part entière (au sein de laquelle s&#8217;opérait des transferts de revenus), Ségolène avait décidé que le dispositif, dans son fonctionnement initial, intègrerait une condition de ressources liée au revenu des parents et à la situation de la famille. L&#8217;idée était de l&#8217;étendre progressivement à tous les étudiants. L&#8217;idée était aussi d&#8217;intégrer dès le départ les étudiants en rupture avec leurs parents même si ces derniers avaient largement les moyens de financer les études de leurs enfants.</p>
<p>Ça s&#8217;appelle un compromis. Un compromis discutable certes&#8230; mais un compromis nécessaire. Alors discutons-en de ce compromis, puisque nous sommes d&#8217;accord sur l&#8217;idée de départ. Ne nous contentons pas d&#8217;appeler par un autre nom un dispositif déjà proposé par d&#8217;autres en le présentant comme &laquo;&nbsp;tout nouveau tout beau&nbsp;&raquo;.</p>
<p>C&#8217;est aussi ça la politique. Se placer en situation de responsabilité, faire preuve de pragmatisme. Préciser sa penser, ne pas se borner aux déclarations d&#8217;intentions générales. C&#8217;est difficile. C&#8217;est moins sexy que de prétendre donner plein d&#8217;argent à tous les étudiants. C&#8217;est néanmoins la condition sine qua non pour obtenir la confiance des français : être crédible.</p>
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		<title>Comment les formations en Finance créent chaque année une armée de petit Kerviels</title>
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		<pubDate>Fri, 02 May 2008 16:42:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On a beaucoup écrit sur Jérôme Kerviel. 5 milliards d&#8217;euros&#8230; évaporés&#8230; comme ça&#8230; d&#8217;un coup&#8230;
En même temps, 5 milliards d&#8217;euros, c&#8217;est trois fois moins que le paquet fiscal décidé par Nicolas Sarkozy. En même temps, 5 milliards d&#8217;euros, ça doit représenter peanuts dans le marché de l&#8217;Asset Management (j&#8217;imagine qu&#8217;un business comme ça, ça doit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On a beaucoup écrit sur Jérôme Kerviel. 5 milliards d&#8217;euros&#8230; évaporés&#8230; comme ça&#8230; d&#8217;un coup&#8230;</p>
<p>En même temps, 5 milliards d&#8217;euros, c&#8217;est trois fois moins que le paquet fiscal décidé par Nicolas Sarkozy. En même temps, 5 milliards d&#8217;euros, ça doit représenter peanuts dans le marché de l&#8217;Asset Management (j&#8217;imagine qu&#8217;un business comme ça, ça doit peser facile 1500 milliards d&#8217;euros&#8230; je dis ça mais j&#8217;ai été incapable de trouver un chiffre fiable sur le net).</p>
<p>Si je digresse aujourd&#8217;hui sur Jérôme Kerviel, c&#8217;est parce que mon collègue (et néanmoins ami) Henri Isaac vient de mettre en ligne une note intéressante sur <a href="http://www.facebook.com/profile.php?id=698218936">son Facebook</a> consacrée au cas Kerviel.</p>
<p>Kerviel est diplômé de l&#8217;université Lyon-II. Au-delà de l&#8217;individu, c&#8217;est donc sur le contenu des formations en finance qu&#8217;il convient de s&#8217;interroger.</p>
<p>Henri émet plusieurs constats. Le premier, c&#8217;est que la Finance est aujourd&#8217;hui la discipline reine en Gestion.  Le second, c&#8217;est qu&#8217;à l&#8217;intérieur de la Finance, les enseignements de Finance d&#8217;Entreprise sont progressivement délaissés au profit de la Finance de Marché.</p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.philippe-mouricou.com/wp-content/uploads/2008/05/kerviel.jpg" alt="Jerôme Kerviel" /></p>
<p>Cette hyper-spécialisation conduit à une concurrence féroce entre les différentes formations qui veulent apparaître comme les plus pointues possibles. Une évolution qui se traduit pas un niveau de technicité grandissant et une marginalisation des aspects organisationnels, économiques, stratégiques et humains du Management. Exit l&#8217;orga, exit la strat, exit l&#8217;éco.</p>
<p>Cette importance donnée à la technique est d&#8217;autant plus embêtante qu&#8217;un nombre, de plus en plus important, d&#8217;ingénieurs (n&#8217;ayant pas forcément une connaissance préalable du Management très importante) se dirige aujourd&#8217;hui vers les formations en Finance pour se voir ouvrir les sacro-saintes portes de l&#8217;Asset Management.</p>
<p>On nous dira que Kerviel était un cas isolé, une sorte de sociopathe des salles de marché (brrr on en tremble). Pas sûr. Et si les universités et les écoles de commerces formaient, chaque année, une armée de petit Kerviels ?</p>
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			<wfw:commentRss>http://www.philippe-mouricou.com/2008/05/02/comment-les-formations-en-finance-creent-chaque-annee-une-armee-de-petit-kerviels/feed/</wfw:commentRss>
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